Home SantéDès qu’il mange du poisson, ce bébé se met à sentir les fruits de mer pourris : quel est ce rare syndrome ?

Dès qu’il mange du poisson, ce bébé se met à sentir les fruits de mer pourris : quel est ce rare syndrome ?

by Sophie Martin

Un bébé portugais a présenté une odeur inhabituelle de poisson après avoir consommé ce type d’aliment, révélant un trouble métabolique rare et temporaire. L’enfant, suivi par des médecins de Porto et Aveiro, a vu cette manifestation disparaître avec le temps et une réintroduction progressive du poisson dans son alimentation.

Des parents ont alerté les médecins après avoir remarqué, alors que leur enfant avait dix mois, une odeur particulièrement désagréable émanant de lui après la consommation de poisson. Cette odeur, décrite comme celle de poisson pourri, était particulièrement perceptible au niveau de la tête et des mains du bébé. Une période d’exclusion du poisson de son régime alimentaire pendant deux mois a confirmé le lien : l’odeur réapparaissait dès la réintroduction du poisson, ont constaté les praticiens dans un article publié le 19 février 2025 dans le Journal des sciences médicales.

L’examen clinique initial n’avait pas révélé d’odeur anormale, l’enfant n’ayant pas mangé de poisson avant la consultation. Un bilan complet n’a montré aucune anomalie dans son développement physique ou neurologique. Des analyses sanguines ont également écarté tout dysfonctionnement des reins, du foie ou de la thyroïde.

Les médecins ont alors suspecté une triméthylaminurie, également connue sous le nom de « syndrome de l’odeur de poisson ». Cette maladie métabolique rare se manifeste par une odeur de poisson pourri dans l’haleine, la salive, la transpiration et l’urine. Normalement, le corps humain produit de la triméthylamine lors de la digestion d’aliments riches en azote, comme le poisson. Cette molécule est ensuite transformée en un composé inodore par l’enzyme monooxygénase 3 à flavine (FMO3). Cependant, chez les personnes atteintes de triméthylaminurie, cette enzyme ne fonctionne pas correctement, entraînant une accumulation de triméthylamine et, par conséquent, l’odeur caractéristique.

Des analyses génétiques ont révélé que le bébé présentait une combinaison de variants susceptibles de perturber la production de FMO3, expliquant une forme légère et transitoire de la maladie. « L’enfant ne sentait plus mauvais après avoir mangé du poisson », ont noté les médecins.

Bien qu’il n’existe pas de traitement curatif pour la triméthylaminurie, les médecins ont conseillé aux parents d’utiliser un savon au pH neutre pour atténuer les odeurs persistantes et de réintroduire progressivement le poisson dans l’alimentation de leur enfant. Cette approche a porté ses fruits : l’odeur a diminué progressivement et, à l’âge de 19 mois, le bébé consommait du poisson 5 à 6 fois par semaine sans présenter de nouvelle odeur désagréable. Un suivi à l’âge de 3 ans a confirmé la disparition définitive de ce symptôme.

Selon les auteurs du rapport, la forme transitoire de la triméthylaminurie observée chez ce bébé s’explique par l’immaturité de son métabolisme, qui ne permettait pas à l’enzyme FMO3 de fonctionner de manière optimale. La maladie est généralement chronique chez l’adulte. Elle reste rare, avec seulement quelques centaines de cas recensés dans la littérature médicale. Les chercheurs soulignent qu’elle pourrait être sous-diagnostiquée, car les personnes concernées et leur entourage peuvent attribuer l’odeur à un problème d’hygiène plutôt qu’à une maladie, et donc ne pas consulter un médecin.

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