Home DivertissementAvec “Lady Nazca”, Damien Dorsaz retrace les lignes de vie de l’archéologue Maria Reiche

Avec “Lady Nazca”, Damien Dorsaz retrace les lignes de vie de l’archéologue Maria Reiche

by Antoine Girard

Publié le 15 décembre 2025 à 15h09. Le nouveau film de Damien Dorsaz, “Lady Nazca”, rend hommage à Maria Reiche, une archéologue allemande dont la vie fut consacrée à l’étude et à la protection des mystérieuses lignes de Nazca au Pérou, un héritage précolombien fascinant.

  • Le film, sorti le 10 décembre, est né de la rencontre fortuite du réalisateur suisse avec Maria Reiche en 1996.
  • Maria Reiche a passé des décennies à étudier et à préserver ces géoglyphes millénaires, visibles uniquement depuis le ciel.
  • “Lady Nazca” explore la solitude et le dévouement de cette femme exceptionnelle, ainsi que la quête de sens qui l’animait.

C’est lors d’un premier voyage au Pérou, en 1996, alors qu’il n’avait que 22 ans, que Damien Dorsaz a croisé le chemin de Maria Reiche (1903-1998). Cette rencontre a profondément marqué le jeune réalisateur suisse, en pleine quête de sa propre voie. Il s’en souvient avec émotion :

« À l’époque, j’étais en pleine recherche sur ce que j’allais faire de ma vie et sur le sens de ma vie. Rencontrer cette femme, qui avait eu un destin aussi étonnant et qui s’était battue pour faire vivre une chose qui était importante pour elle, a complètement marqué le jeune homme que j’étais. »

Damien Dorsaz, réalisateur

Maria Reiche avait quitté l’Allemagne en 1932 pour devenir enseignante à Lima, au Pérou. Son destin a basculé lorsqu’elle a rencontré l’archéologue américain Paul Kosok (interprété par Guillaume Gallienne dans le film), qui étudiait les anciens réseaux d’irrigation précolombiens. Si Kosok s’est rapidement désintéressé des lignes de Nazca, estimant qu’elles n’étaient pas liées à l’irrigation, Maria Reiche, elle, a été immédiatement captivée par ces centaines de tracés qui se croisent et s’étendent sur des kilomètres. Elle a ensuite découvert les gigantesques dessins, visibles uniquement depuis le ciel, et a décidé de consacrer sa vie à leur compréhension et à leur préservation.

Damien Dorsaz avait initialement envisagé de réaliser un documentaire sur l’archéologue. Cependant, il a rapidement senti que ce format ne suffirait pas à rendre justice à la force et à la complexité de son histoire.

« À la fin de ce documentaire, je me suis rendu compte que le souffle que j’avais reçu de cette vie, la force de cette femme, de ce destin, je ne l’avais pas dans le film. »

Damien Dorsaz, réalisateur

C’est ainsi qu’il a pris la décision de se lancer dans la réalisation de son premier long métrage de fiction, afin d’insuffler une véritable âme à l’histoire de Maria Reiche.

La production de “Lady Nazca” a représenté un véritable défi pour le cinéaste, qui a dû attendre dix-huit ans avant de voir son projet aboutir. Il a rencontré des difficultés à convaincre des producteurs de soutenir sa vision artistique. Son ambition était de “filmer l’invisible”, de montrer la quête de sens de Maria Reiche à travers sa passion pour ces lignes énigmatiques.

Guillaume Gallienne, ami de Damien Dorsaz depuis l’âge de 19 ans, a été témoin privilégié de cette longue gestation. Il a été particulièrement touché par l’impact de Maria Reiche sur le réalisateur et par sa détermination à raconter son histoire.

« Il était frustré du côté factuel qu’il y avait dans le documentaire, il a voulu écrire cette fiction pour aller au cœur de cette femme, dans le courage qu’elle peut avoir, dans la détermination, mais surtout dans la poésie de donner du sens à sa vie. »

Guillaume Gallienne, acteur

Pour incarner Maria Reiche, Damien Dorsaz a choisi l’actrice allemande Devrim Lingnau, révélée par la série “The Empress”. Le film explore la solitude de l’archéologue face à son objectif et à sa passion. Dès la première image, on la voit, silhouette lointaine, parcourir le désert. Le réalisateur explique :

« C’est une image qui me hante toujours parce que cela nous fait prendre conscience de ce que l’on peut faire de notre vie. On peut faire des choses incroyables, énormes, et à la fois c’est dérisoire quand même. Elle est toute petite au milieu de cette immensité et j’adore ce mélange. »

Damien Dorsaz, réalisateur

Au-delà de la biographie de Maria Reiche, “Lady Nazca” invite à une réflexion sur la passion, la persévérance et la quête de sens. Comme le souligne Guillaume Gallienne, il s’agit également d’un film profondément personnel, une sorte d’autoportrait du réalisateur lui-même.

Écouter l’interview de Damien Dorsaz et Guillaume Gallienne :

Les invités : Guillaume Gallienne et Damien Dorsaz “Lady Nazca” / Vertigo / 20 min. / mercredi à 17h06

“Lady Nazca” de Damien Dorsaz, avec Guillaume Gallienne et Devrim Lingnau. À voir dans les salles romandes depuis le 10 décembre 2025.

Propos recueillis par Anne Laure Gannac

Adaptation web : ld

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