Édition française
En continu
---Advertisement---

Monde

Des règles claires sont nécessaires pour les médias sociaux – la Commission européenne devrait présenter une proposition législative concrète

Publié le 29 décembre 2023 08:22:00. Face à l'interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs en Australie, l'Autriche et plusieurs pays européens intensifient leurs efforts pour réglementer l'accès des jeunes aux plateformes numériques et protéger leur santé mentale.…

Des règles claires sont nécessaires pour les médias sociaux – la Commission européenne devrait présenter une proposition législative concrète

Publié le 29 décembre 2023 08:22:00. Face à l’interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs en Australie, l’Autriche et plusieurs pays européens intensifient leurs efforts pour réglementer l’accès des jeunes aux plateformes numériques et protéger leur santé mentale.

  • L’Autriche, avec d’autres États membres de l’Union européenne, soutient l’instauration d’un âge minimum pour l’utilisation des plateformes en ligne basées sur des algorithmes.
  • Les autorités autrichiennes mettent en garde contre les dangers de la radicalisation en ligne et l’impact négatif des réseaux sociaux sur la santé physique et mentale des jeunes.
  • Une proportion croissante d’adolescents autrichiens utilise les réseaux sociaux de manière intensive, avec des conséquences potentiellement graves sur leur développement.

La décision de l’Australie d’interdire complètement l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 16 ans a relancé le débat en Europe sur la nécessité de protéger les jeunes utilisateurs. En Autriche, le vice-chancelier Andreas Babler, la secrétaire d’État à la Santé Ulrike Königsberger-Ludwig et le secrétaire d’État à la Protection de la Constitution Jörg Leichtfried appellent à une meilleure protection des mineurs sur les plateformes de médias sociaux et à des règles plus strictes pour les entreprises technologiques.

En juin dernier, le vice-chancelier Babler avait déjà lancé une initiative à l’échelle européenne, qui a rencontré un écho favorable auprès de nombreux États membres de l’UE. Une majorité d’entre eux soutiennent désormais l’idée d’un âge minimum pour l’utilisation des plateformes en ligne fonctionnant avec des algorithmes. La Commission européenne et le Parlement européen se sont également prononcés en faveur de cette mesure ces dernières semaines.

« Des contenus hautement émotionnels, radicalisants, violents et misogynes sont introduits dans nos foyers en provenance du monde entier. Là-bas, des enfants et des jeunes qui se trouvent dans une phase de vulnérabilité de la vie lorsqu’ils cherchent une orientation entrent en contact avec ces contenus non filtrés. Pour le bien des enfants et aussi des parents, nous devons agir rapidement. »

Andreas Babler, vice-chancelier

Le vice-chancelier Babler se réjouit de l’élan actuel en faveur d’une solution européenne commune. Le Parlement européen et la Commission européenne soutiennent une approche visant à protéger les mineurs dans l’environnement numérique. La Commission européenne travaille également sur un système d’évaluation de l’âge respectueux de la vie privée. Cependant, les trois membres du gouvernement autrichien estiment qu’un concept global et durable fait encore défaut.

Ils mettent donc la pression sur la Commission européenne pour qu’elle présente rapidement une proposition législative concrète. À défaut, plusieurs Länder pourraient prendre des mesures au niveau national pour protéger leur jeunesse. L’Autriche envisage également d’agir à son propre niveau.

Ulrike Königsberger-Ludwig, secrétaire d’État à la Santé, souligne les risques pour la santé physique et mentale des jeunes : « La santé de nos enfants et de nos jeunes est le fondement de notre société. Nous devons donc discuter des limites d’âge pour l’utilisation des médias sociaux. »

Jörg Leichtfried, secrétaire d’État à la Protection de la Constitution, met en garde contre la radicalisation en ligne : « Nous avons besoin d’une réponse commune et urgente à la radicalisation massive des enfants et des jeunes en ligne. Internet devient de plus en plus un lieu de recrutement pour les groupes extrémistes, et il faut y mettre un terme de toute urgence. »

Le vice-chancelier Babler insiste sur le fait que les interdictions seules ne suffiront pas. Il est également nécessaire de donner aux jeunes les outils nécessaires pour développer leur esprit critique, d’accroître leur éducation aux médias et de lutter contre la désinformation.

Les chiffres sont alarmants : les trois quarts des jeunes Autrichiens âgés de 11 à 17 ans utilisent au moins un réseau social. Des différences significatives existent entre les sexes : les filles utilisent les plateformes de jeux plus fréquemment et de manière plus intensive, tandis que les garçons y sont plus présents. L’utilisation des médias sociaux a considérablement augmenté ces dernières années : en 2017/18, près d’un quart des 11-17 ans utilisaient leur smartphone pendant cinq heures ou plus par jour, contre 38 % en 2021/22. Les filles sont particulièrement concernées, avec 44 % contre 32 % pour les garçons.

Les études scientifiques mettent en évidence les conséquences graves d’une utilisation excessive des réseaux sociaux sur la santé : troubles du développement cérébral et personnel, sentiment de solitude croissant, diminution des compétences sociales, facteurs de risque de radicalisation, troubles du sommeil, stress psychologique, perte de contrôle et symptômes de sevrage.

Le lien entre santé mentale et radicalisation est particulièrement préoccupant. Les réseaux sociaux peuvent affecter la santé mentale et, par conséquent, rendre les jeunes plus vulnérables à l’extrémisme. La dépendance aux réseaux sociaux est également un problème croissant : environ 68 % des écolières et 60 % des étudiants présentent des symptômes légers à modérés de dépendance, et 10 % des filles et 7 % des garçons présentent déjà de forts signes de dépendance.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.