Publié le 2024-02-29 14:35:00. Une nouvelle étude révèle que la façon dont notre corps métabolise la caféine pourrait avoir un impact significatif sur notre masse grasse et, par conséquent, sur le risque de développer un diabète de type 2. Ces découvertes suggèrent que l’effet protecteur du café ne dépend pas tant de la quantité consommée que de la vitesse à laquelle il est décomposé.
- Les personnes métabolisant la caféine plus lentement présentent en moyenne un indice de masse corporelle (IMC) plus faible et moins de graisse corporelle.
- Cette métabolisation plus lente est liée à des variations génétiques spécifiques des gènes CYP1A2 et AHR.
- L’étude, basée sur l’analyse de données de près de 10 000 individus, suggère que la moitié de l’effet protecteur contre le diabète de type 2 pourrait être attribuée à un IMC plus bas.
Des chercheurs de l’Institut Karolinska, de l’Université de Bristol et de l’Imperial College de Londres ont mené cette étude approfondie. Leurs travaux, publiés récemment, apportent un éclairage nouveau sur les liens entre la consommation de caféine, la génétique et la santé métabolique. Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas la quantité de café bue qui compte, mais la manière dont l’organisme le traite.
L’étude s’est appuyée sur une technique appelée randomisation mendélienne, une méthode statistique qui utilise les variations génétiques pour établir des liens de causalité plus fiables. En analysant les données de près de 10 000 participants, les scientifiques ont constaté que ceux qui possèdent certaines variations des gènes CYP1A2 et AHR décomposent la caféine plus lentement. Cela signifie que la caféine reste plus longtemps dans leur organisme, même s’ils ne consomment pas nécessairement de grandes quantités de boissons caféinées.
Les résultats indiquent qu’environ la moitié de l’effet protecteur observé contre le diabète de type 2 peut être expliquée par un IMC plus faible chez les personnes métabolisant lentement la caféine. Moins de graisse corporelle est synonyme d’un risque réduit de développer cette maladie chronique.
Ces découvertes s’inscrivent dans la continuité d’études antérieures suggérant un lien entre une consommation modérée de caféine et un IMC plus faible, ainsi qu’une meilleure santé cardiovasculaire. Cependant, cette nouvelle recherche apporte une preuve plus solide d’une relation de cause à effet, suggérant que la caféine pourrait agir sur des mécanismes biologiques spécifiques.
Les chercheurs expliquent que la caféine stimule la thermogenèse – le processus de production de chaleur par le corps – et favorise la combustion des graisses. Ces deux mécanismes jouent un rôle essentiel dans la régulation du métabolisme. Bien que ces effets soient modestes, leur impact pourrait être significatif à l’échelle de la population, compte tenu de la consommation mondiale de caféine.
Il est important de noter que ces résultats ne doivent pas inciter à une consommation excessive de caféine. Les chercheurs soulignent que les effets à long terme restent incertains et que la caféine peut également entraîner des effets indésirables, tels que des troubles du sommeil ou des palpitations cardiaques. De plus, l’étude n’a pas établi de lien direct entre les niveaux de caféine et les maladies cardiovasculaires, comme les accidents vasculaires cérébraux ou les arythmies cardiaques.
Les prochaines étapes consisteront à mener une étude contrôlée à grande échelle afin de déterminer si les boissons contenant de la caféine et peu caloriques peuvent réellement contribuer à réduire les risques d’obésité et de diabète. En attendant, le café ne saurait être considéré comme une solution miracle, mais il pourrait offrir des bénéfices insoupçonnés pour la santé.
