Publié le 13 décembre 2025 à 17h00. Une étude scientifique révèle que la disparition de l’espèce humaine archaïque Homo floresiensis, surnommée « hobbit » en raison de sa petite taille, pourrait être liée à une sécheresse extrême qui a frappé l’île indonésienne de Flores il y a environ 50 000 ans.
- Une équipe internationale de chercheurs a établi un lien entre une période de sécheresse prolongée et la disparition de ces hominidés.
- L’analyse de stalagmites et de dents d’éléphants pygmées a permis de reconstituer les conditions climatiques passées de l’île.
- Cette étude suggère que le changement climatique pourrait avoir fragilisé les « hobbits » et facilité leur extinction.
Découverts en 2003 dans la grotte de Liang Bua, sur l’île de Flores, les restes de Homo floresiensis ont fasciné la communauté scientifique. Ces individus, mesurant environ 1 mètre 50 (3 pieds et demi), ont rapidement été surnommés « hobbits » en référence aux créatures du « Seigneur des Anneaux ». Leur disparition, survenue il y a environ 50 000 ans, restait un mystère jusqu’à présent.
Une nouvelle étude, publiée dans la revue scientifique Nature Communications Earth & Environment, apporte un nouvel éclairage sur ce mystère. Des chercheurs ont analysé la composition chimique des stalagmites présentes dans la grotte de Liang Bua. Ces formations calcaires, qui se développent grâce à l’eau s’infiltrant dans le sol, conservent des traces des précipitations passées. L’analyse a révélé une période de sécheresse sévère, débutant il y a environ 76 000 ans et atteignant son point culminant entre 61 000 et 55 000 ans.
Parallèlement, les scientifiques ont étudié les isotopes d’oxygène présents dans les dents d’éléphants pygmées, qui vivaient sur l’île à la même époque. Ces isotopes fournissent des informations sur les sources d’eau dont dépendaient ces animaux. Les résultats confirment une diminution significative de la disponibilité de l’eau douce pendant la période de sécheresse.
« L’écosystème autour de Liang Bua est devenu considérablement plus sec à l’époque où Homo floresiensis a disparu », a déclaré Michael Gagan, paléoclimatologue et auteur principal de l’étude, dans un communiqué de presse. « Les pluies estivales ont diminué et les lits des rivières sont devenus saisonnièrement secs, ce qui a exercé un stress sur les hobbits et leurs proies. »
Michael Gagan, professeur à l’Université de Wollongong en Australie
Les chercheurs suggèrent que cette sécheresse a pu contraindre les « hobbits » à se déplacer à la recherche d’eau et de nourriture, les exposant potentiellement à des dangers accrus. Il est également possible qu’ils aient rencontré des humains modernes, arrivés sur l’île à la même période.
« Il est possible qu’en se déplaçant à la recherche d’eau et de proies, les hobbits aient rencontré des humains modernes », a ajouté M. Gagan. « En ce sens, le changement climatique pourrait avoir préparé le terrain pour leur disparition définitive. »
La question de savoir si Homo floresiensis était le résultat d’un nanisme insulaire ou s’il s’agissait d’une espèce naturellement petite reste un sujet de débat. Cependant, cette nouvelle étude renforce l’hypothèse selon laquelle le changement climatique a joué un rôle crucial dans leur extinction.
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