Publié le 9 décembre 2023. Au Sri Lanka, des milliers de personnes affectées par le cyclone Ditwah, le plus violent à frapper l’île depuis des décennies, attendent désespérément une assistance médicale, notamment grâce à l’intervention d’une équipe japonaise.
À Chilaw, une ville côtière particulièrement touchée, les habitants se pressent dès l’aube devant un camp médical d’urgence. Plus de deux millions de personnes, soit près de 10 % de la population sri lankaise, ont été affectées par les inondations et les destructions causées par le cyclone Ditwah.
Prasantha Perera, 60 ans, charpentier, est l’un d’eux. Il attend patiemment qu’un éclat de bois soit retiré de son pied gauche, une blessure contractée lors de la catastrophe. « Je n’ai pas pu entrer dans le camp hier, alors je suis arrivé aujourd’hui à 4 heures du matin pour être le premier dans la file », a-t-il confié en remerciant les médecins japonais.
L’équipe médicale japonaise, déployée par l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), apporte un soutien crucial à l’hôpital public de Chilaw, submergé par l’afflux de blessés. Le gouvernement sri lankais avait sollicité l’aide du Japon après que l’hôpital principal de la ville ait été rendu inutilisable par les inondations.
Malgré les efforts considérables, l’équipe ne peut soigner qu’environ 150 patients par jour. De nombreux habitants, comme Eva Kumari, 51 ans, doivent revenir le lendemain pour obtenir des médicaments.
« Je viendrai très tôt demain chercher des médicaments contre l’eczéma »
Eva Kumari, patiente
Le directeur adjoint de l’hôpital de Chilaw, Dinesh Koggalage, a indiqué que l’établissement avait repris l’admission des patients seulement deux semaines après le passage du cyclone. Le président sri lankais, Anura Kumara Dissanayake, a qualifié le cyclone Ditwah de catastrophe naturelle la plus grave de l’histoire récente du pays et a lancé un appel à l’aide internationale pour soutenir les opérations de reconstruction.
L’équipe japonaise, composée de 31 membres et appuyée par 16 traducteurs, a installé une clinique de fortune dans des tentes blanches, équipée de matériel médical et de générateurs. Les médecins accueillent chaque patient avec une courtoisie particulière, s’inclinant et joignant les mains dans un geste de salutation traditionnel sri lankais.
Un moine bouddhiste japonais, Kazuyuki Takahashi, connu sous le nom de Saranankara Himi, supervise l’organisation des files d’attente. Il vit sur l’île depuis 15 ans et maîtrise la langue cingalaise. Les médecins prennent le temps d’écouter attentivement chaque patient, offrant un niveau d’attention que le système de santé sri lankais, déjà sous tension, peine à assurer en temps normal.
Selon le professeur Taketo Kurozumi, responsable de la gestion médicale des catastrophes à l’université Teikyo de Tokyo, les cas les plus fréquents sont les problèmes de peau, les troubles respiratoires et les maladies transmises par les moustiques, telles que la dengue et le chikungunya.
« Les chiffres augmentent »
Professeur Taketo Kurozumi, université Teikyo de Tokyo
Au moins 638 personnes ont perdu la vie dans cette catastrophe.