Home MondeDes start-up allemandes s’apprêtent à conclure un accord sur les drones kamikaze avec Rheinmetall

Des start-up allemandes s’apprêtent à conclure un accord sur les drones kamikaze avec Rheinmetall

by Clara Dubois

Publié le 29 octobre 2024 10h30. L’Allemagne s’apprête à attribuer des contrats d’envergure à des start-ups innovantes du secteur de la défense, Helsing et Stark, pour renforcer ses capacités face à la menace russe et stimuler la concurrence dans un domaine stratégique.

  • L’Allemagne prévoit d’investir près de 900 millions d’euros (300 millions d’euros par entreprise) dans l’acquisition de drones kamikazes.
  • Les contrats, qui restent soumis à l’approbation de la commission du budget du parlement allemand, pourraient représenter un tournant pour les jeunes entreprises Helsing et Stark.
  • Ces drones seront déployés en Lituanie pour renforcer le flanc oriental de l’OTAN et dissuader toute agression russe.

L’Allemagne accélère ses efforts pour moderniser son armée et répondre aux défis sécuritaires croissants en Europe de l’Est. Cette décision intervient dans un contexte de renouveau des investissements dans les technologies de défense, notamment les drones, depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie. L’objectif est de doter l’armée allemande d’un arsenal plus performant et de soutenir l’émergence d’une industrie de défense européenne compétitive.

Selon des sources proches du dossier, les trois entreprises sélectionnées – Helsing, Stark et le géant allemand Rheinmetall – s’engageront à fournir jusqu’à 12 000 drones. Si le nombre exact de drones livrés dans un premier temps n’a pas été précisé, cet accord marque une confiance significative dans les capacités de ces entreprises.

Helsing, valorisée à 12 milliards d’euros et soutenue par Daniel Ek, le fondateur de Spotify, s’est déjà engagée à fournir 6 000 drones d’attaque à l’Ukraine. La start-up a également récemment acquis l’avionneur allemand Grob et annoncé son intention de développer des systèmes de surveillance sous-marine au Royaume-Uni. Stark, fondée il y a seulement quinze mois et bénéficiant du soutien de Peter Thiel et de Sequoia Capital, a établi une équipe en Ukraine pour les tests et le développement et a inauguré une usine à Swindon, en Angleterre, en juillet dernier.

L’attribution d’une partie du contrat à Rheinmetall, un acteur majeur de l’industrie allemande de l’armement, a surpris certains observateurs. Bien que l’entreprise ait des partenariats avec des fabricants de drones américains et israéliens, elle ne disposait pas jusqu’à récemment de son propre drone armé. Rheinmetall a cependant dévoilé en septembre son drone armé FV-014, également connu sous le nom de Raider, capable de transporter une charge utile de 5 kg et d’atteindre une autonomie de 100 km.

Selon un dirigeant allemand de l’industrie de défense, cette répartition de l’appel d’offres entre plusieurs entreprises vise à

« maintenir la concurrence en vie et s’assurer d’avoir le meilleur système. »

Source proche du dossier

Les drones fournis seront déployés dans une nouvelle brigade allemande stationnée en Lituanie, dans le but de renforcer la défense du flanc oriental de l’OTAN face à la Russie. Cet investissement s’inscrit dans une stratégie plus large de l’OTAN visant à accroître sa présence militaire dans les pays baltes et à dissuader toute agression russe.

Helsing, Stark et Rheinmetall n’ont pas souhaité commenter cette information.

Pour en savoir plus sur l’évolution du marché des drones, consultez le site du Financial Times. Vous pouvez également suivre l’actualité de la guerre en Ukraine sur le même site.

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