Publié le 15 novembre 2025 05:29:00. Des élections surprises en Argentine et à New York révèlent des tendances politiques inattendues, remettant en question les prévisions et ouvrant de nouvelles perspectives pour l’avenir politique de ces deux pays.
- Le parti au pouvoir, La Libertad Avanza, a remporté une victoire inattendue aux élections législatives argentines.
- Zohran Mamdani, un jeune démocrate progressiste, a été élu maire de New York, suscitant la surprise et des débats.
- Ces résultats pourraient avoir des implications importantes pour la stabilité régionale et les relations internationales de l’Argentine.
Les sondages, ces derniers temps, se sont avérés être des outils d’analyse imparfaits, plus proches de méthodologies affinées que de sciences exactes, surtout face à l’évolution constante de l’opinion publique. Les récentes élections en Argentine et aux États-Unis en sont une illustration frappante.
Le 26 octobre dernier, le parti La Libertad Avanza (LLA) du président argentin Javier Milei a créé la surprise en remportant une victoire significative aux élections législatives à travers le pays. Ce résultat intervient après une défaite cuisante aux élections provinciales de Buenos Aires le 26 septembre, où les listes de Milei ont été battues par une marge de quatorze points de pourcentage. Cette défaite avait été interprétée comme un rejet de la politique économique du gouvernement et un possible retour du péronisme.
Bien que les élections de Buenos Aires n’aient été que provinciales, elles ont été perçues par les deux camps – le parti au pouvoir et l’Alliance pour la patrie (péronisme) – comme un véritable test de popularité pour les deux premières années de la présidence de Milei. La province de Buenos Aires, qui concentre un tiers du registre électoral national et génère plus de 40 % du PIB du pays, avait une importance cruciale pour les élections législatives nationales du 26 octobre, qui allaient déterminer la composition du Congrès national.
Le gouvernement Milei avait besoin d’obtenir un soutien législatif plus important, car il disposait actuellement d’un nombre limité de législateurs et devait négocier des compromis coûteux pour faire adopter ses lois. Le péronisme, avec d’autres groupes, avait même adopté des lois créant des dépenses publiques sans financement adéquat, contredisant ainsi la politique de « déficit zéro » prônée par Milei.
Contre toute attente, les résultats des élections nationales ont donné une victoire éclatante au parti au pouvoir dans la plupart des provinces, lui offrant ainsi une plus grande marge de manœuvre pour obtenir le consensus nécessaire à l’approbation de ses projets de loi. Cette nouvelle composition du Congrès devrait également faciliter la gouvernance et permettre à l’Argentine de remplir les conditions imposées par le secrétaire au Trésor américain, M. Bessent, pour le déblocage du plan de sauvetage économique promis par Washington. Ainsi, l’Argentine se positionne comme un allié important des États-Unis pour la stabilité régionale.
Parallèlement, aux États-Unis, l’élection du 4 novembre a vu l’ascension surprise de Zohran Mamdani, un jeune et charismatique démocrate progressiste de confession musulmane, au poste de maire de New York, la ville comptant la plus importante communauté juive au monde. L’analyse des résultats par circonscription révèle que Mamdani a remporté toutes les circonscriptions sauf Manhattan, où prédominent les électeurs blancs aisés, et Staten Island.
Bien que la victoire démocrate à New York ne soit pas une surprise en soi, l’élection d’un candidat musulman dans une ville à forte population juive est un fait notable. Le vote des jeunes aurait joué un rôle déterminant dans ce résultat. Cependant, peu après l’annonce des résultats, des célébrations et des prières musulmanes dans les rues, y compris sur Times Square, ont provoqué des perturbations de la circulation et des manifestations d’intolérance, un phénomène rare aux États-Unis et plus courant en Europe, suscitant des inquiétudes.
Il incombe désormais à Mamdani de prouver que sa victoire est le fruit du soutien à son parti et à son programme, et non de sa religion. Les premières réactions suggèrent que cet équilibre ne sera pas facile à maintenir, d’autant plus que Mamdani a également fait des promesses populistes, à l’instar de celles formulées par Hugo Chávez, dont la réalisation s’annonce difficile, voire impossible (transports gratuits, contrôle des loyers, subventions, etc.).
Une guerre de mots a déjà éclaté, avec Donald Trump affirmant que « le communisme est arrivé à New York », tandis que Mamdani adopte un discours presque conflictuel envers le président, sans pour autant obtenir de résultats concrets. Néanmoins, le plus d’un million de voix obtenues par Mamdani ne reflète pas le nombre relativement faible de musulmans vivant à New York, mais plutôt un large éventail de soutiens, où le vote des jeunes semble avoir joué un rôle crucial.
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