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Deux hommes du même village se sont hissés au sommet des rangs maoïstes. Leurs carrières – et leurs destins – se sont terminés différemment | Nouvelles de l’Inde

Publié le 4 janvier 2024 01:21:00. La reddition d'un important chef maoïste, Barsa Deva, et la mort de son mentor, Madvi Hidma, marquent un tournant potentiel dans la lutte contre l'insurrection naxalite dans le district de Sukma, au…

Deux hommes du même village se sont hissés au sommet des rangs maoïstes. Leurs carrières – et leurs destins – se sont terminés différemment | Nouvelles de l’Inde

Publié le 4 janvier 2024 01:21:00. La reddition d’un important chef maoïste, Barsa Deva, et la mort de son mentor, Madvi Hidma, marquent un tournant potentiel dans la lutte contre l’insurrection naxalite dans le district de Sukma, au Chhattisgarh, en Inde.

  • Barsa Deva, figure clé de l’Armée populaire de libération (APL), s’est rendu aux autorités du Telangana.
  • Son mentor, Madvi Hidma, l’un des leaders maoïstes les plus recherchés, a été tué lors d’une opération des forces de sécurité en novembre.
  • La police du Telangana estime que ces événements pourraient signaler la fin du mouvement maoïste dans la région.

Un schéma inhabituel s’est dessiné dans le district de Sukma, au Chhattisgarh : deux hauts responsables maoïstes originaires du même village, Puwarti, ont vu leur parcours prendre des directions radicalement opposées. Barsa Deva, alias Barsa Sukka, commandant du bataillon 1 de l’Armée populaire de libération (APL) – la branche armée la plus redoutée du groupe interdit – a choisi de se rendre, tandis que son mentor, Madvi Hidma, chef le plus recherché des Naxalites et responsable de certaines des attaques les plus sanglantes contre les forces de sécurité, a été tué lors d’une confrontation avec les forces de l’ordre.

Hidma, malgré les appels répétés du gouvernement central et du gouvernement du Chhattisgarh à se rendre, et même après une rencontre de son vice-ministre, Vijay Sharma, avec sa famille et celle de Deva, a péri lors d’une escarmouche en Andhra Pradesh en novembre. Deva, en revanche, a opté pour une voie différente. Sa reddition, survenue samedi, est intervenue après avoir été encerclé par des unités d’élite anti-maoïstes de plusieurs États limitrophes du Telangana. Il s’est alors vu offrir la possibilité de se rendre.

« On lui a fait comprendre que toute tentative de fuite serait sa dernière action. Il a saisi la gravité de la situation, a compris le sort de son mentor Madvi Hidma et a pris la décision judicieuse de se rendre. »

Responsable de la police du Telangana (non nommé)

Cette décision revêt une importance particulière compte tenu de la relation étroite qui liait Deva à Hidma. Il s’agissait d’un protégé fidèle, qui vénérait son mentor. En observant le destin de Hidma, Deva a choisi de rompre avec le dogme de son mentor, le fameux « faire ou mourir », et d’embrasser une voie de réintégration dans la société.

La reddition de Deva survient environ deux mois après la mort d’Hidma, le 18 novembre. Ce jour-là, Hidma, connu également sous le nom de Santosh, sa femme et quatre autres personnes étaient en fuite dans la forêt de Maredumilli, dans le district d’Alluri Sitarama Raju, lorsqu’ils ont été pris au piège par les forces de sécurité entre 6 et 7 heures du matin.

Membre du Comité de zone spécial de Dandakaranya et figure clé du Parti communiste indien (maoïste) interdit, Deva était l’un des chefs maoïstes les plus recherchés. Il était accusé d’implication dans de nombreuses attaques contre les forces de sécurité, notamment l’embuscade de 2013 contre des responsables du Congrès dans le district de Sukma. Une récompense de plus de 50 lakhs de roupies (environ 57 000 euros) était offerte pour son arrestation.

Son ascension rapide, d’un simple volontaire du Dandakaranya Adivasi Kisan Mazdoor Sangh (DKMS) à un membre impitoyable du Comité de zone spécial de Dandakaranya (DKSZCM), avait attiré l’attention de Hidma, qui l’avait pris sous son aile. Deva a ensuite supervisé les opérations maoïstes dans les districts de Bastar, Dantewada et Sukma, qu’il contrôlait d’une main de fer.

Après la mort d’Hidma en novembre, Deva avait pris le commandement du bataillon 1 de l’APL, selon les sources policières.

« Il était le second chef de guerre tribal d’Hidma, impliqué dans des attaques et accusé du meurtre de plus de 100 membres des forces de sécurité. Avec Hidma, il était un leader meurtrier dans la région de Sukma, et l’arsenal qu’il a rendu avec ses hommes – comprenant 48 mitrailleuses légères (LMG) – témoigne de sa puissance. »

Responsable de la police (non nommé)

La police estime que Deva, conscient du nombre de ses victimes et recherché par les forces de sécurité de plusieurs États touchés par le maoïsme, a choisi de se rendre au Telangana, où il n’était pas activement recherché.

La police du Telangana considère la reddition de Deva comme un coup fatal au mouvement maoïste, non seulement dans le bastion de Sukma, mais aussi dans l’ensemble du Chhattisgarh. Le directeur général de la police du Telangana, B. Shivadhar Reddy, a déclaré, un jour avant la reddition de Deva, que, suite à la mort d’Hidma et à la reddition de Deva, « il ne reste plus personne pour poursuivre les activités maoïstes violentes ». Le Indian Express a rapporté ces déclarations.

Après sa reddition, Reddy a indiqué que Deva avait exprimé le souhait de rendre visite à son village natal au Chhattisgarh pour retrouver sa famille. « Nous sommes d’accord avec cela. Il ne pourra pas rejoindre le mouvement maoïste, car il est terminé dans cette région. Ses propres villageois ne lui permettront pas de semer le trouble, car ils en ont assez des maoïstes. Nous resterons vigilants pendant un certain temps », a-t-il déclaré.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.