Home SantéDeux nouvelles approches permettent de limiter la reprise de poids après un traitement contre l’obésité

Deux nouvelles approches permettent de limiter la reprise de poids après un traitement contre l’obésité

by Sophie Martin
Le mécanisme biologique de l'effet yo-yo

Une étude publiée le 13 mai 2026 dans la revue Nature Medicine révèle que l’apport de la bactérie pasteurisée Akkermansia muciniphila limite la reprise de poids après un régime hypocalorique. Selon Top Santé, les participants supplémentés ont repris nettement moins de kilos que le groupe placebo.

Le mécanisme biologique de l’effet yo-yo

La perte de poids rapide, qu’elle soit induite par un régime restrictif, la chirurgie bariatrique ou des injections d’analogues hormonaux comme le sémaglutide (Wegovy) et le tirzépatide (Mounjaro), se heurte presque systématiquement à un phénomène de rebond. Ce cycle, connu sous le nom d’effet yo-yo, ne relève pas d’un manque de volonté, mais d’une réponse métabolique profonde. Le corps réagit à la restriction calorique par une réduction de la dépense énergétique de base et un dérèglement des hormones de la faim. Ce processus, qualifié d’ “économie d’énergie” par les chercheurs cités dans Top Santé, pousse l’organisme à reprendre du poids dès l’arrêt du traitement.

Cet effet yo-yo est néfaste pour la santé, parce qu’en règle générale une perte de poids rapide s’accompagne toujours d’une diminution de la masse musculaire en plus de la masse grasse. Puis lorsqu’on reprend les kilos perdus, on gagne surtout de la graisse et très peu de muscle, ce qui altère le métabolisme.

Lucie Favre, endocrinologue au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), via Le Temps
Même les nouveaux médicaments agonistes du GLP-1 ne suppriment pas totalement ce risque. Une fois le traitement interrompu, les mécanismes biologiques défendant le poids initial se réactivent, entraînant souvent une reprise pondérale.

L’action métabolique de l’Akkermansia muciniphila

L'action métabolique de l'Akkermansia muciniphila
Photo: Foro3D
L’attention des chercheurs se porte désormais sur le microbiote intestinal. Une bactérie spécifique, l’Akkermansia muciniphila, semble jouer un rôle clé dans la stabilisation du poids. Cette bactérie colonise la couche de mucus tapissant l’intestin et se nourrit de mucines, des protéines et sucres constitutifs de ce mucus. Comme le rapporte Atlantico, des niveaux élevés de cette bactérie sont associés à une meilleure sensibilité à l’insuline et à une réduction du risque de diabète de type 2. L’étude de Nature Medicine a testé une forme pasteurisée de l’Akkermansia muciniphila, où les bactéries sont tuées par la chaleur mais conservent des composants actifs capables d’influencer le métabolisme.

Analyse des résultats de l’essai clinique

Analyse des résultats de l'essai clinique
Photo: Atlantico
L’étude a porté sur 90 adultes en surpoids ou obèses. Le protocole s’est déroulé en deux phases : une période de huit semaines de régime très hypocalorique (800 à 900 kcal par jour) permettant une perte d’au moins 8 % du poids initial, suivie de 24 semaines d’alimentation saine sans restriction calorique. Les résultats montrent une différence marquée entre le groupe ayant reçu le supplément bactérien et celui ayant reçu un placebo.
Indicateur de reprise Groupe Akkermansia Groupe Placebo
Reprise de poids moyenne (kg) 1,2 kg 3,2 kg
Pourcentage de poids repris 13,6 % 32,9 %
Comparaison de la reprise de poids après régime (Sources : Top Santé / Foro3D)
Outre la limitation de la prise de poids, les participants supplémentés ont montré une amélioration de leur sensibilité à l’insuline, particulièrement ceux dont les niveaux initiaux d’Akkermansia étaient faibles.

Limites scientifiques et risques marketing

Limites scientifiques et risques marketing
Malgré ces résultats, la prudence reste de mise. Le volume de l’étude est modeste, avec seulement 90 participants. De plus, certains auteurs de l’étude ont des liens avec l’entreprise produisant le complément, ce qui soulève des questions sur l’impartialité des conclusions. Le média Foro3D met en garde contre la transformation de découvertes scientifiques modestes en promesses de “pilule magique”. Le risque est que le marketing outrepasse la réalité des données, poussant les consommateurs vers des capsules coûteuses au détriment des solutions fondamentales : l’exercice physique et un rééquilibrage alimentaire durable. Sur le plan réglementaire, l’Akkermansia muciniphila pasteurisée est actuellement autorisée en Europe sous le statut de “novel food”, mais son utilisation reste encadrée. L’enjeu des 30 prochains jours pour le secteur sera l’observation de la commercialisation de ces compléments. Si la science suggère une piste prometteuse pour briser le cycle du yo-yo, elle ne remplace pas encore un suivi médical personnalisé. Note : Les informations présentées ici sont issues de recherches scientifiques et ne constituent pas un avis médical. Consultez systématiquement un professionnel de santé avant d’entreprendre un régime restrictif ou de prendre des compléments alimentaires.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.