La commune de Chiconi et le Centre Hospitalier de Mayotte organisent une campagne de vaccination gratuite du 15 au 19 juin 2026. Cette opération, accessible sans rendez-vous à la bibliothèque municipale, vise à combler les retards vaccinaux de la population, notamment contre la rougeole, la poliomyélite, la diphtérie et le tétanos.
L’initiative cible l’ensemble des habitants, des enfants aux personnes âgées, pour renforcer l’immunité collective. Selon Le Journal de Mayotte, les équipes de santé seront mobilisées chaque jour de 8h à 15h. Les participants doivent se munir de leur carnet de santé pour permettre la vérification et la mise à jour de leur statut vaccinal.
L’organisation du rattrapage vaccinal à Chiconi
Ce déploiement repose sur un partenariat entre la mairie de Chiconi et le Centre Hospitalier de Mayotte (CHM). Le CHM apporte l’expertise médicale et le personnel soignant nécessaires pour sécuriser l’opération. L’objectif est d’atteindre prioritairement les populations de Chiconi et de Sohoa, en facilitant l’accès aux soins pour les plus vulnérables.

L’opération se concentre sur quatre pathologies majeures :
- La rougeole
- La poliomyélite
- La diphtérie
- Le tétanos
L’utilisation d’un lieu public comme la bibliothèque municipale marque une volonté de décentraliser le soin et de réduire les barrières géographiques ou administratives pour les habitants.
Le déploiement massif en milieu scolaire depuis 2023
L’action à Chiconi s’inscrit dans une stratégie plus large entamée début 2023. À l’époque, l’Agence Régionale de Santé (ARS) et le Rectorat de Mayotte, avec le soutien de l’Association des Maires, avaient lancé une vaste opération dans toutes les écoles primaires et collèges de l’académie. Comme l’indique Santé publique France, cette campagne visait à garantir une protection individuelle et collective optimale avant les vacances d’été 2023.
Le protocole prévoyait une consultation médicale pour chaque enfant afin d’évaluer son statut vaccinal. Les doses manquantes du calendrier vaccinal français, notamment pour la coqueluche, le tétanos, la diphtérie et la poliomyélite, étaient proposées systématiquement. Le vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR) était également administré, même lorsque la couverture vaccinale semblait correcte.
Urgence sanitaire et données de terrain
Le recours à ces campagnes massives répond à une situation sanitaire critique. L’ARS Mayotte a signalé une augmentation de cas de diphtérie et de tétanos, dont certains se sont révélés mortels, alors que ces maladies avaient disparu dans le reste de la France. Parallèlement, le territoire a subi plusieurs épidémies de rougeole et de coqueluche ces dernières années.
Une phase d’expérimentation menée dans deux écoles primaires et un collège à Labattoir a révélé l’ampleur des retards vaccinaux. Les résultats montrent un déficit important de couverture :
| Indicateur de retard vaccinal (Labattoir) | Statistique |
|---|---|
| Enfants ayant un retard d’au moins une dose | Près de 2/3 |
| Retard spécifique pour le vaccin DTPc | 60 % |
Ce constat a justifié l’intervention d’un dispositif inédit associant médiateurs sanitaires, pharmacies volontaires et professionnels de la Réserve Sanitaire.
Le défi spécifique du vaccin HPV
Outre les vaccins classiques, les autorités sanitaires tentent de combler un retard majeur concernant l’infection à Papillomavirus (HPV). Bien que recommandé en France depuis 2007, ce vaccin est très peu administré à Mayotte. Selon des informations relayées par Mayotte FM, les adolescents de plus de 11 ans sont désormais ciblés lors des passages dans les collèges.

L’adhésion des collégiens volontaires lors des phases de test a encouragé l’ARS à généraliser l’offre de vaccination HPV dans tous les établissements secondaires. Cette démarche vise à prévenir les cancers induits par le virus, en s’appuyant sur l’autorisation parentale et l’analyse des carnets de santé.
La transition entre les campagnes scolaires de 2023 et les opérations communautaires de 2026, comme celle de Chiconi, démontre une volonté d’englober toutes les tranches d’âge. En déplaçant la vaccination hors des écoles, les autorités tentent de rattraper les adultes et les adolescents ayant quitté le système scolaire, tout en maintenant la vigilance contre le retour de maladies évitables.
Pour toute question relative à votre statut vaccinal ou aux doses nécessaires, veuillez consulter un professionnel de santé qualifié.
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