L’épidémie de virus Bundibugyo s’intensifie en République démocratique du Congo et en Ouganda, totalisant 534 cas confirmés et 93 décès au 6 juin 2026. Face à cette menace, l’OMS et l’Africa CDC ont sollicité 518 millions de dollars pour financer un plan de préparation et de réponse continentale d’urgence.
Une accélération des chiffres en RDC et en Ouganda
L’évolution de la situation sanitaire en Afrique centrale montre une progression rapide du nombre de patients infectés. Selon les données de l’Organisation mondiale de la Santé, l’augmentation des cas est en partie due au renforcement des capacités de dépistage et de diagnostic, permettant de traiter un retard de traitement des échantillons précédemment collectés.
En République démocratique du Congo, 515 cas confirmés et 91 décès ont été recensés jusqu’au 6 juin 2026. La province de l’Ituri demeure l’épicentre de la crise, concentrant 94 % des cas confirmés, soit 487 personnes.
| Localisation | Cas confirmés | Décès | Taux de létalité |
|---|---|---|---|
| RDC (Total) | 515 | 91 | 17,7 % |
| Ouganda | 19 | 2 | — |
| Total combiné | 534 | 93 | 17,4 % |
Bien que le taux de létalité global soit de 17,4 %, les disparités régionales sont frappantes. Si le taux de létalité dans l’Ituri est de 15 %, celui de la province du Nord-Kivu atteint 64 %. L’Ouganda, de son côté, rapporte 19 cas confirmés et deux décès, ainsi qu’un cas probable de décès.
Tensions communautaires et obstacles sécuritaires
La riposte médicale se heurte à un environnement volatil. La BBC rapporte qu’une équipe de sépulture a été attaquée cette semaine dans la province du Sud-Kivu, forçant les intervenants à abandonner un cercueil, ce qui accroît les risques de transmission.
Cette insécurité est doublée d’une méfiance profonde au sein de certaines populations. Les pratiques funéraires traditionnelles, qui impliquent souvent de laver ou de toucher le corps du défunt, constituent des événements de transmission à haut risque, car le virus se propage par contact avec les fluides corporels infectés.
L’établissement de la confiance avec les communautés est essentiel pour maîtriser l’épidémie.
Tedros, via la BBC
L’accès aux zones touchées reste entravé par l’instabilité dans les provinces de l’Est, où de nombreux groupes armés opèrent, compliquant la tâche des agents de santé dans ces zones rurales et reculées.
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Mobilisation financière et alertes de santé mondiale
Pour répondre à l’urgence, l’Africa CDC et l’OMS ont lancé, le 5 juin, un plan de réponse de 518 millions de dollars destiné à aider les pays africains à détecter et à réagir rapidement à l’épidémie.
Les États-Unis ont déjà commencé à soutenir les opérations. Le gouvernement américain a annoncé l’octroi de 38 millions de dollars (28 millions de livres sterling) supplémentaires pour les « efforts de réponse » contre Ebola, portant le financement direct total à plus de 200 millions de dollars.
Malgré ces moyens, l’inquiétude demeure quant à l’ampleur que pourrait prendre la crise. Le CDC des États-Unis a indiqué que, sans une intervention de santé publique forte, l’épidémie actuelle pourrait devenir aussi importante, voire plus importante, que l’épidémie en Afrique de l’Ouest survenue en 2014-2016.
Le directeur de l’OMS a profité de l’occasion pour rappeler l’importance de la vigilance sanitaire face aux menaces biologiques.
N’oubliez pas l’ennemi invisible.
Tedros, via la BBC
La rareté du virus Bundibugyo
Cette épidémie est causée par l’espèce Bundibugyo du virus Ebola, une variante qui n’est apparue que deux fois auparavant. Contrairement à d’autres types d’Ebola, cette forme est beaucoup plus rare, ce qui signifie qu’il n’existe actuellement aucun vaccin ni traitement éprouvé pour lutter contre cette souche spécifique.

Si le risque de propagation mondiale est jugé faible par l’OMS — le virus n’étant pas aéroporté, contrairement au coronavirus — le risque demeure très élevé au sein de la République démocratique du Congo. Les autorités britanniques ont d’ailleurs précisé qu’elles excluaient l’introduction de contrôles de température dans les aéroports pour les vols en provenance des régions touchées, jugechant ces mesures peu efficaces.
La gestion de cette crise dépendra de la capacité des acteurs internationaux à sécuriser les zones de santé et à intégrer les réalités culturelles locales dans les protocoles de soins.
Consultez votre professionnel de santé pour toute question relative aux protocoles de prévention sanitaire.
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