La mairesse de Montréal, Soraya Martínez Ferrada, et le Service de police de la Ville de Montréal ont confirmé la suspension de deux agents du poste de quartier 21 après de nouvelles allégations d’inconduite impliquant des personnes en situation d’itinérance au centre-ville.
L’affaire éclate au grand jour en octobre 2026, lorsque le quotidien La Presse révèle des agissements graves au sein des forces de l’ordre montréalaises. Les faits reprochés aux deux policiers du poste de quartier 21, situé au centre-ville, comprennent des actes particulièrement dégradants commis lors de patrouilles et d’interventions.
L’un des agents visés aurait uriné sur une personne en situation d’itinérance pendant son service. Le second policier est soupçonné d’avoir posé pour des photographies en se moquant d’un suspect maintenu dans une position humiliante lors d’une arrestation. Le Service de police de la Ville de Montréal indique avoir prononcé ces suspensions à la fin du mois d’août et au début du mois de septembre. La direction du corps policier a précisé que la Division des normes professionnelles mène activement des investigations sur ces agissements, tout en soulignant qu’aucune information supplémentaire ne serait divulguée afin de préserver la confidentialité des dossiers internes et de protéger le travail des enquêteurs. Le bureau de la mairesse a indiqué pour sa part que la police avait prévenu Mme Martínez Ferrada des faits dès le jeudi soir, quelques heures avant la diffusion publique de l’information.
Les interpellations de collègues et les réactions à l’Hôtel de Ville
L’opposition officielle à l’Hôtel de Ville, menée par le parti Projet Montréal, s’est emparée du dossier pour exiger des comptes.

La cheffe de l’opposition, Ericka Alneus, a demandé que le chef du SPVM, Fady Dagher, comparaisse devant les élus municipaux dans les sept jours pour s’expliquer sur la culture organisationnelle de l’institution. Elle a souligné que de tels comportements dépassent l’entendement et menacent la dignité humaine. Elle a reconnu que cette situation engendre un réel bris de confiance et risque d’altérer la perception des citoyens envers les forces de l’ordre, tout en insistant pour protéger la capacité des autorités à mener des investigations indépendantes, incluant celles menées par la Gendarmerie royale du Canada.
Les antécédents au poste de quartier 39 et la pression sur le commandement
Ces nouvelles révélations surviennent dans un climat déjà lourd pour le service de police montréalais. En juin 2026, le directeur du SPVM, Fady Dagher, avait dû procéder au démantèlement d’une équipe entière de 16 policiers affectés au poste de quartier 39 à Montréal-Nord. Cette unité faisait l’objet d’accusations répétées de profilage racial et de gestes discriminatoires envers des personnes arabes et noires.
Les enquêtes sur le poste 39 ont conduit à la transmission d’un dossier complet au Directeur des poursuites criminelles et pénales afin d’évaluer d’éventuelles accusations criminelles. Quant au dossier concernant le poste 21 et les personnes sans-abri, la Division des normes professionnelles poursuit ses investigations, tandis que des signalements ont également été acheminés au commissaire à la déontologie policière du Québec. Le SPVM rappelle de son côté qu’une ligne téléphonique demeure accessible au 514 280-0200 pour toute personne souhaitant dénoncer des comportements discriminatoires de la part d’un membre de l’organisation.
