Édition française
En continu
---Advertisement---

Nouvelles

Enquête à Paris pour cyberharcèlement visant le juge Youssef Badr

Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour cyberharcèlement et menaces de mort visant le juge Youssef Badr à Bobigny.

Enquête à Paris pour cyberharcèlement visant le juge Youssef Badr

Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour cyberharcèlement et menaces de mort visant le juge Youssef Badr à Bobigny. Cette nouvelle procédure fait suite à la publication d’un numéro du magazine d’extrême droite Frontières, après une condamnation prononcée par le magistrat en juin 2026.

L’affaire franchit un nouveau cap judiciaire à Paris. Saisi par une vague d’attaques numériques, le ministère public a confié les investigations à l’Office central de lutte contre les crimes de haine, selon les informations communiquées par le parquet de Paris auprès de l’Agence France-Presse.

Le Pôle national de lutte contre la haine en ligne a transmis aux enquêteurs une sélection de propos relevés sur les réseaux sociaux.

L’enquête ne se limite pas au cyberharcèlement qualifié d’agissement commis à raison de la race, de l’ethnie, de la nation ou de la religion. Elle vise également les menaces de mort et les atteintes aux biens dangereuses dirigées contre un dépositaire de l’autorité publique.

L’enquête contre Frontières et les condamnations de Bobigny

À l’origine de cette procédure se trouve un dossier de plusieurs pages consacré au premier vice-président adjoint du tribunal de Bobigny. Le journal d’extrême droite Frontières, fondé par Erik Tegnér, a affiché le portrait du magistrat en une sous le titre Justice Politique. La rédaction y exhume des interventions publiques et des messages anciens pour questionner l’impartialité de ce juge officiant à la 14e chambre correctionnelle.

En juin, une juridiction a condamné Erik Tegnér à une peine de six mois de prison avec sursis. Cette juridiction était présidée par Youssef Badr.

L’homme a aussi écopé de 10 000 euros d’amende pour la divulgation de données personnelles d’avocats spécialisés en droit des étrangers dans un dossier publié l’année précédente.

Le juge Youssef Badr cyberharcelé par l'extrême droite

Ayant interjeté appel de cette décision, Erik Tegnér avait vivement réagi sur la plateforme X. Il avait qualifié la décision de une totale dinguerie et enjoint à ses abonnés de se mobiliser dans une vidéo visionnée à de multiples reprises.

Les réactions de la magistrature face aux menaces

La multiplication des messages hostiles, assortis de commentaires jugés racistes et islamophobes, a provoqué une vive émotion au sein de l’institution judiciaire. Jacques Boulard, premier président de la cour d’appel de Paris, a exprimé son inquiétude face à des attaques qualifiées d’inédites et très préoccupantes dans un communiqué publié le 15 octobre 2026. Le garde des Sceaux Gérald Darmanin a également apporté son soutien au magistrat pris à partie.

Enquête à Paris pour cyberharcèlement visant le juge Youssef Badr
Photo : france24.com

Visé par ces publications, le juge Youssef Badr a opposé une longue réponse écrite sur ses réseaux sociaux pour rejeter les accusations de politisation. Fondateur de l’association La Courte Échelle, il œuvre pour l’accès aux carrières juridiques des jeunes issus de milieux modestes.

Il est aussi l’auteur de l’essai Pour une justice aux 1.000 visages, et il conteste tout engagement partisan formulé à son encontre.

Vous pouvez répéter partout que je suis un juge politisé : je ne le suis pas. Je n’ai jamais eu de cartes nulle part, je ne suis même pas syndiqué.

Youssef Badr, magistrat du tribunal de Bobigny

De son côté, la direction du magazine Frontières conteste l’existence de toute infraction. Avant la parution du numéro, Erik Tegnér avait défendu la démarche de sa rédaction à travers un message publié sur X.

On ne peut pas considérer qu’une enquête met en danger quelqu’un, il n’y a pas de propos qui seraient une incitation à la haine.

Erik Tegnér, directeur de la rédaction de Frontières

Le directeur du magazine a également affirmé que soutenir qu’ils avaient attaqué le magistrat relevait d’une manière de dévoyer la liberté de la presse. Le média Frontières évolue dans la sphère du groupe de Vincent Bolloré à la suite de l’entrée de Lagardère News à son capital intervenue au mois de septembre.

On ne peut pas considérer qu’une enquête met en danger quelqu’un, il n’y a pas de propos qui seraient une incitation à la haine.

Erik Tegnér, directeur de la rédaction de Frontières

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now
À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.