Home DivertissementDino Brandão, Sophie Hunger et Faber réchauffent Zurich — Tsri

Dino Brandão, Sophie Hunger et Faber réchauffent Zurich — Tsri

by Antoine Girard

Publié le 24 décembre 2025 à 05h04. Le trio suisse Sophie Hunger, Dino Brandão et Faber a donné cinq concerts à guichets fermés au Kaufleuten de Zurich autour de Noël, marquant un retour attendu après les contraintes de la pandémie et confirmant leur alchimie musicale unique.

La salle du Kaufleuten a vibré au rythme des mélodies de Sophie Hunger, Dino Brandão et Faber, qui ont offert une série de cinq concerts complets aux amateurs zurichois. Initialement programmés pour trois dates, les concerts ont dû être étendus à cinq représentations face à une demande croissante.

Le groupe a débuté sa performance sans introduction, avec des sons de guitare délicats et une mélodie murmurée, avant de lancer leur morceau « Le soleil brûle du ciel et il brûle pour moi », issu de leur album surprise « I love you », sorti en décembre 2020, en pleine période de restrictions sanitaires. Cet album, entièrement en suisse alémanique, se présente comme un « manifeste d’amour » pour une époque marquée par la distance sociale.

Une alchimie vocale et musicale

Dimanche soir, le trio a partagé la scène pour la première fois depuis plusieurs années. La pandémie avait empêché une tournée de promotion pour l’album, et leurs apparitions publiques s’étaient limitées à quelques événements, comme le Montreux Jazz Festival.

L’atmosphère de sécurité et de chaleur qui émane de leur album s’est immédiatement propagée dans la salle, avant même le début du concert. La soirée a été précédée par la performance de Lia Neff, alias Follia, qui a captivé le public avec ses paroles poignantes et sa présence scénique, accompagnée uniquement de sa contrebasse et d’une station de loop.

Les voix de Faber, Hunger et Brandão se sont entrelacées en un tout harmonieux, changeant de couleur et de forme au gré des chansons. L’interprétation de « Nei dihei wait nüt uf mich » a particulièrement marqué les esprits, avec la voix puissante de Faber soutenue par un canon vocal créé par ses deux comparses.

Faber, la figure montante

Sophie Hunger, figure emblématique de la scène musicale suisse et internationale, a démontré une fois de plus sa capacité à combiner divertissement et profondeur intellectuelle. Elle a agrémenté le concert d’anecdotes, comme celle concernant Dino Brandão et le titre initialement envisagé pour la chanson « Je t’aime, Dino », « Fudispalt », qu’elle a finalement convaincu de modifier.

Mais c’est Dino Brandão qui a véritablement brillé lors de cette soirée. L’artiste brugeois a connu une année riche en événements, avec la sortie du film documentaire « Je t’aime, je te quitte » de Moris Freiburghaus, qui retrace son combat contre le trouble bipolaire. Le film a d’ailleurs été récompensé par deux prix au Festival du film de Zurich.

Brandão a interprété plusieurs chansons de son album éponyme, dont « Lamento Maluco », une complainte portugaise qui a mis en valeur l’étendue de sa tessiture vocale, allant des aigus puissants aux graves profonds.

La performance de Brandão a suscité une émotion palpable dans le public, et ses collègues, Faber et Hunger, n’ont pu cacher leur admiration. La soirée s’est conclue sur une standing ovation et une mer d’applaudissements.

Dans un contexte mondial encore marqué par l’incertitude, ce concert empreint d’amour et de chaleur représente un véritable cadeau pour Zurich, et promet de résonner longtemps dans les mémoires.

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