Publié le 16 novembre 2025. La cardio-oncologie, domaine en plein essor, vise à mieux protéger le cœur des patients traités contre le cancer. Radio Roumanie Culturelle propose une discussion approfondie avec la professeure Camelia Diaconu sur les risques cardiovasculaires liés aux traitements oncologiques et les meilleures stratégies de prévention.
- L’accélération de l’athérosclérose coronarienne est une complication potentiellement grave des traitements contre le cancer.
- La Société Européenne de Cardiologie a publié fin 2022 le premier guide international dédié à la cardio-oncologie.
- La surveillance cardiovasculaire régulière, incluant des examens comme l’ECG et l’échographie cardiaque, est cruciale pour détecter et gérer les complications.
Les traitements contre le cancer, bien que vitaux, peuvent avoir des effets secondaires sur le cœur. La professeure Camelia Diaconu, de l’Université de médecine et de pharmacie Carol Davila de Bucarest et chef du département clinique de médecine interne de l’hôpital clinique d’urgence de Bucarest, souligne l’importance d’une évaluation cardiologique préalable à toute thérapie oncologique. « Suite à des traitements oncologiques, des phénomènes d’athérosclérose coronarienne peuvent s’accélérer, entraînant des complications graves. Une consultation cardiologique préalable permet une stratification correcte du risque cardiovasculaire et, par conséquent, une meilleure décision thérapeutique », explique-t-elle.
Fin 2022, la Société Européenne de Cardiologie (SEC) a franchi une étape importante en publiant le premier guide international dédié aux patients en cardio-oncologie. Ce guide, fruit de nombreuses études récentes présentées lors de congrès médicaux nationaux et internationaux, offre des recommandations précieuses pour la prise en charge de ces patients. La dernière édition du Congrès de l’Université de Médecine et Pharmacie Carol Davila de Bucarest a d’ailleurs été marquée par plusieurs sessions spéciales consacrées à ces sujets.
La surveillance cardiovasculaire joue un rôle essentiel. « La surveillance cardiovasculaire des patients oncologiques par ECG, échographie cardiaque, holter tensionnel ou encore IRM cardiaque peut fournir des informations importantes tant à l’oncologue qu’au cardiologue concernant l’exacerbation de pathologies cardiovasculaires préexistantes ou la survenue de complications suite à un traitement oncologique, notamment après l’administration d’anthracyclines », précise la professeure Diaconu. Elle met également en garde contre les perturbations hydroélectrolytiques causées par le syndrome émétique fréquemment rencontré en oncologie, qui peuvent affecter le muscle cardiaque, et les risques accrus en cas de maladie rénale chronique, favorisant l’hypertension artérielle et les accidents vasculaires cérébraux.
Au-delà des effets directs des traitements, la psycho-oncologie, une branche de la médecine en développement, attire également l’attention. Les antidépresseurs tricycliques, utilisés pour traiter la dépression chez les patients atteints de cancer, peuvent avoir un impact sur le système cardiovasculaire, nécessitant une surveillance accrue, en particulier chez les patients présentant des comorbidités et suivant des traitements médicamenteux complexes. Le premier guide européen de psychocardiologie a été publié cette année lors du congrès de la SEC à Madrid.
« Comment bien suivre les patients présentant de multiples comorbidités ? Quelle est l’importance d’un traitement personnalisé ? Quels sont les signes et symptômes pouvant indiquer une décompensation cardiovasculaire chez un patient en oncologie ? Pourquoi est-il dangereux d’ajuster les recommandations médicales sur la base des conseils de proches ou de voisins ? »
Questions abordées dans l’émission
L’émission REConCHILLiant du dimanche 16 novembre 2025 sur Radio Roumanie Culturelle à partir de 18h tentera de répondre à ces questions cruciales et d’éclairer les patients et les professionnels de santé sur les enjeux de la cardio-oncologie.
Production : Daniela Rei Visan
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