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Donald Trump’s Golden Age of Awful

by Antoine Girard

L’année 2025 restera gravée comme un tournant sombre de l’histoire américaine, marquée par un second mandat présidentiel de Donald Trump qui a dépassé les pires craintes. Entre décisions autoritaires, démantèlement de programmes essentiels et alliances internationales remises en question, le bilan de cette année est celui d’une déstabilisation profonde et d’une capitulation face à l’exercice du pouvoir.

Dès son premier jour en fonction, le 20 janvier 2025, le président Trump a accordé le pardon à plus de 1 500 personnes impliquées dans l’assaut du Capitole américain du 6 janvier 2021, une tentative vaine de contester les résultats de l’élection présidentielle de 2020. Une décision que son propre vice-président, J.D. Vance, avait jugée « évidemment » inappropriée, et que sa directrice de cabinet, Susie Wiles, avait tenté de dissuader, en vain. Cet acte, selon ses propres termes, était un avertissement.

Les mois suivants ont confirmé cette tendance à la provocation et à la rupture. Le gouvernement Trump a mis fin au financement de programmes de recherche sur le cancer, prétextant la nécessité d’éliminer les programmes de diversité dans les universités. L’accès au territoire américain a été refusé aux réfugiés, à l’exception des Afrikaners blancs d’Afrique du Sud. L’homme le plus riche du monde a été autorisé à suspendre l’aide financière aux enfants les plus démunis. Et, le 24 octobre 2025, l’aile Est de la Maison Blanche a été démolie sans préavis.

L’isolement diplomatique des États-Unis s’est également accentué, notamment avec une détérioration significative des relations avec le Canada. Le point culminant a été l’accueil en grande pompe de Vladimir Poutine sur une base aérienne américaine, un geste qui a suscité l’indignation à travers le monde.

Au-delà des actions spectaculaires, c’est peut-être le silence et la passivité de nombreux acteurs qui ont le plus marqué l’année 2025. Des chefs d’entreprise, des avocats et des magnats de la technologie ont préféré « payer le prix de la protection » plutôt que de défendre l’état de droit, qui avait pourtant été le fondement de leur succès. Huit ans après le début du premier mandat de Trump, la lutte pour le contrôle du Parti républicain est terminée : le président a étendu sa mainmise bien au-delà de la politique partisane, revendiquant le droit de contrôler l’information, la toponymie et l’application des lois.

Il y a un an, certains espéraient encore qu’une opposition forte pourrait freiner les dérives du second mandat de Trump. Les dirigeants républicains au Congrès et la majorité conservatrice de la Cour suprême, nommée par Trump, pourraient encore s’opposer à la dégradation de la démocratie, mais ils n’ont pas encore agi. Les bouleversements de cette année sont autant leur œuvre que celle du président, car sans leur acquiescement, même passif, nombre de ses décisions les plus extrêmes n’auraient pas été possibles.

Le cas du sénateur Bill Cassidy, de Louisiane, est révélateur. Médecin de formation, il avait affirmé avoir obtenu des « assurances » du candidat Robert F. Kennedy Jr., désigné pour le poste de secrétaire à la Santé et aux Services sociaux, malgré ses positions anti-vaccins. Kennedy a été confirmé, puis a renié ses engagements. Cassidy, fidèle à la tradition du Sénat, exprime depuis lors sa profonde préoccupation.

L’année 2025 aura donc été une année de désillusions, non seulement par ce que Donald Trump a fait, mais aussi par la manière dont tant de personnes ont permis que cela se produise. Le président, selon certains, n’est qu’un miroir des faiblesses de la société américaine, un révélateur de ses dysfonctionnements. Si cette année était un test, les résultats ont été bien plus mauvais que prévu.

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