Home SantéDormir peu est dangereux : cela peut raccourcir la vie et vous ne le savez pas

Dormir peu est dangereux : cela peut raccourcir la vie et vous ne le savez pas

by Sophie Martin

Mis à jour le 30 décembre 2025 à 22h03. Une nouvelle étude américaine révèle que le manque de sommeil représente un facteur de risque majeur pour une mortalité précoce, surpassant des affections comme le diabète et la sédentarité. Dormir moins de sept heures par nuit pourrait ainsi réduire significativement l’espérance de vie.

  • Le manque de sommeil est désormais considéré comme un facteur de risque de mortalité précoce plus important que le diabète ou l’inactivité physique.
  • Dormir moins de sept heures par nuit est associé à une réduction de l’espérance de vie comparable à celle du tabagisme.
  • La chronobiologie, science de l’étude des rythmes biologiques, met en lumière l’importance du respect des cycles naturels du sommeil pour la santé globale.

Les conséquences d’une nuit de sommeil insuffisante ne sont plus à négliger. Une vaste étude menée aux États-Unis, analysant des données collectées entre 2019 et 2025 auprès de plus de 3 000 comtés, confirme que la durée du sommeil est un indicateur crucial de la longévité. Les résultats placent le sommeil, en termes de risque pour la santé, juste après le tabagisme et l’obésité, et avant des facteurs tels que le diabète et le manque d’exercice.

Les chercheurs ont basé leurs conclusions sur les déclarations des habitants concernant leur durée de sommeil, recueillies lors d’entretiens téléphoniques. En comparant ces données avec l’espérance de vie moyenne dans les différentes régions, ils ont constaté une corrélation claire : lorsque la durée moyenne du sommeil descendait en dessous de sept heures, l’espérance de vie diminuait également. Cet impact négatif semble persister indépendamment du lieu de résidence ou du statut socio-économique des individus.

Bien que l’étude présente certaines limites méthodologiques – notamment l’absence de mesures objectives du sommeil et l’impossibilité de distinguer précisément les durées supérieures à sept heures, ainsi que l’absence de prise en compte de troubles du sommeil comme l’apnée – le message est sans équivoque : améliorer la qualité et la quantité de repos est une stratégie viable pour prolonger la vie.

« Un sommeil insuffisant ne doit pas être considéré comme une simple habitude, mais comme un véritable facteur de risque pour de nombreuses maladies chroniques. »

Luigi Ferini-Strambi, neurologue et directeur du Centre de médecine du sommeil de l’hôpital San Raffaele de Milan

Le docteur Ferini-Strambi souligne que le sommeil régulier contribue à réduire le risque de maladies cardiovasculaires, de diabète, de certains cancers et de démences.

En Italie, on estime qu’environ un tiers de la population dort moins de sept heures par nuit, soulignant la nécessité d’une sensibilisation accrue à l’importance d’un sommeil adéquat. Cette problématique s’inscrit dans un contexte de progrès de la chronobiologie, discipline récompensée par le prix Nobel en 2017 pour ses travaux sur les gènes de l’horloge biologique, responsables de la régulation des rythmes circadiens.

Notre « horloge maîtresse », située dans le noyau suprachiasmatique – une structure neuronale du cerveau – reçoit les signaux lumineux de la rétine et régule la production d’hormones clés, comme la mélatonine, qui favorise l’endormissement. Le respect de ces rythmes naturels est donc essentiel. Manger tardivement, s’exposer à la lumière artificielle le soir ou avoir des horaires de sommeil irréguliers peuvent perturber cette horloge interne, un phénomène appelé chronoperturbation, qui augmente le risque d’obésité, de diabète et de maladies cardiovasculaires.

Au-delà du bien-être quotidien, le sommeil joue un rôle crucial dans la prévention des maladies neurodégénératives. Pendant le sommeil profond, le cerveau élimine les protéines bêta-amyloïdes, celles qui forment les plaques caractéristiques de la maladie d’Alzheimer. Des études menées sur des animaux ont démontré que le repos nocturne accélère ce processus de « nettoyage » cérébral, tandis qu’une seule nuit de privation de sommeil peut augmenter la concentration de ces protéines jusqu’à 5 %.

Insomnie, problème
L’insomnie raccourcit la vie – (robadadonne.it)

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