Le film fantastique Hantée, scénarisé par India Desjardins et réalisé par Rafaël Ouellet, prend l’affiche au cinéma le 9 octobre. Cette comédie familiale met en scène une adolescente qui découvre que sa nouvelle demeure de campagne abrite le fantôme d’une femme du XIXe siècle.
L’origine d’un projet né dans un salon
Le scénario du long métrage trouve ses racines dans une discussion impromptue au domicile de l’autrice. Alors qu’elle peinait à trouver un film à visionner un soir, son conjoint l’a mise au défi d’imaginer le long métrage qu’elle souhaitait réellement voir. Après une longue improvisation gestuelle, celui-ci lui a simplement lancé une question décisive : Pourquoi tu ne l’écris pas ?
Sa famille acquiert à bas prix une vaste et vieille demeure, avec l’ambition de la transformer en auberge.
Une adolescente pragmatique face à un spectre du XIXe siècle
Dès son arrivée dans la maison portant le numéro civique 1763, Mathilde fait preuve d’un sang-froid remarquable. Loin de paniquer en découvrant une revenante dans sa chambre, elle ne manifeste aucune frayeur, au grand dam du fantôme qui espérait effrayer les occupants. Le spectre, nommé Isabeau Roy, hante les lieux depuis environ 150 ans mais ne conserve aucun souvenir de son vivant ni des raisons de sa mort.

Interprétée par Jade Brind’Amour dans le rôle de Mathilde et Virginie Fortin dans celui d’Isabeau, le duo improbable se lance dans une enquête à travers les archives du musée local et des balados. Les rénovations tournent rapidement au vinaigre, poussant la famille à faire appel à des spécialistes, tandis que l’enquête révèle que l’histoire officielle d’Isabeau — présentée comme une sorcière — a été largement déformée par le temps.
L’hommage assumé au cinéma de jeunesse des années 1980 et 1990
Derrière la caméra, India Desjardins a choisi de confier la réalisation à Rafaël Ouellet, cinéaste davantage habitué aux films noirs et réalistes comme Camion en 2012 et Arsenault et Fils en 2022. Le tandem a truffé le film de clins d’œil discrets à des classiques de leur jeunesse, citant notamment E.T., Casper, The Addams Family et Ghostbusters. L’équipe a également privilégié des effets mécaniques aux images de synthèse, utilisant des accessoires ingénieux pour faire flotter le personnage d’Isabeau à l’écran.
L’autrice India Desjardins s’est inspirée de plusieurs films de sa jeunesse, se remémorant notamment E.T. l’extraterrestre de Steven Spielberg qu’elle a découvert au cinéma à l’âge de huit ans. Le projet s’inscrit dans la lignée d’œuvres cinématographiques et télévisuelles emblématiques allant de 1982 jusqu’aux années 2000, parmi lesquelles figurent les réalisations d’Ivan Reitman et de Barry Sonnenfeld.
En tournant le film, l’équipe technique et les comédiens se sont beaucoup amusés à tisser ces références visuelles et narratives sans pour autant vampiriser les œuvres d’origine. Les artisans ont ainsi collaboré étroitement avec le directeur de la photographie Steve Asselin pour façonner une esthétique moderne, soignée et ancrée dans les codes du genre familial. Dans cet univers ludique, les spectateurs découvrent également une esthétique musicale variée comprenant des mélodies de Charlotte Cardin et de Billie Eilish, ainsi qu’une reprise de la chanson « A Criminal Mind ».

Brisons la magie! Dans toutes les scènes où on me voit traverser la pièce, il y a essentiellement deux accessoiristes couchés au sol, Francis et Victor, qui me swingue d’un bord à l’autre.
Virginie Fortin, actrice et humoriste, via La Presse
Le long métrage s’entoure par ailleurs d’une distribution riche en personnalités issues de l’humour, incluant Katherine Levac et Coco Belliveau dans un duo de chasseuses de fantômes évoquant la franchise Ghostbusters. La distribution principale réunit également Evelyne Brochu et François Létourneau, des artistes reconnus pour leur talent naturellement comique et leur capacité à s’approprier les scènes sous la direction de Rafaël Ouellet.