Publié le 28 septembre 2025 21:32:00. Une ancienne consommatrice de méthamphétamine, autrefois impliquée dans des activités criminelles pour financer sa dépendance, dirige désormais un nouveau tribunal spécialisé dans le traitement de la toxicomanie en Saskatchewan, offrant un second souffle à ceux qui luttent contre l’addiction.
- La Saskatchewan a inauguré son troisième tribunal de traitement de la toxicomanie à North Battleford, bénéficiant d’un financement fédéral de 10,6 millions de dollars canadiens (environ 7,8 millions d’euros) réparti sur 23 tribunaux à travers le Canada.
- Susan Sebulsky, 49 ans, est nommée coordinatrice de ce nouveau tribunal, après avoir elle-même bénéficié d’un programme similaire qui l’a aidée à surmonter sa dépendance.
- Les tribunaux de traitement de la toxicomanie offrent une alternative à l’incarcération, en se concentrant sur le traitement des causes profondes de la criminalité liée à la toxicomanie.
Susan Sebulsky n’a pas hésité à partager l’anecdote : son fils a fait ses premiers pas dans un palais de justice de Regina. Un symbole fort pour celle qui, il y a encore quelques années, était prise au piège d’un cycle infernal de toxicomanie, de criminalité et d’emprisonnement. Elle avait accepté de participer au tribunal de traitement de la toxicomanie sans grande conviction, persuadée que cela ne changerait rien à sa vie.
Ces tribunaux, souvent appelés tribunaux thérapeutiques, offrent aux accusés la possibilité d’éviter la prison en abordant les problèmes sous-jacents qui alimentent leur comportement criminel. L’accent est mis sur le traitement et la réhabilitation, plutôt que sur la punition.
En 2011, Susan Sebulsky touchait le fond. Une photo d’elle, diffusée dans le Calgary Sun dans le cadre d’un avis de recherche, la forçait à se cacher en Saskatchewan. Son arrestation et son incarcération au centre correctionnel de Pine Grove ont été un électrochoc. Elle était enceinte et risquait une peine de trois ans en prison, avec la crainte d’être séparée de son enfant.
C’est dans cette situation désespérée qu’elle a décidé de saisir l’opportunité offerte par le tribunal de traitement de la toxicomanie, ouvert à Regina en 2006, suivi d’un second à Moose Jaw en 2009. Elle répondait aux critères d’éligibilité, étant considérée comme présentant un risque élevé de récidive et ayant besoin d’un programme de traitement intensif.
Elle a dû plaider coupable et s’engager dans un programme de 12 à 18 mois, comprenant des centaines d’heures de thérapie et de counseling, des tests de dépistage aléatoires et des comparutions régulières devant le juge. Le non-respect du programme entraînait automatiquement une peine de prison.
Le juge Murray Hinds, qui a siégé au tribunal de traitement de la drogue de Regina pendant 16 ans, souligne l’importance d’une approche humaine :
« Nous devons essayer quelque chose de différent. »
Juge Murray Hinds, Cour provinciale
Susan Sebulsky a trouvé un soutien inattendu dans ce parcours. Elle a bénéficié d’un logement grâce au programme Kate’s Place, géré par l’Armée du Salut, et a reçu des encouragements de la part du juge et de l’équipe du tribunal.
Plus de 150 personnes ont obtenu leur diplôme des tribunaux de traitement de la Saskatchewan, et de nombreuses autres ont bénéficié de ces programmes. Les études montrent que ces tribunaux réduisent la criminalité en éloignant les personnes de la spirale de la toxicomanie et en leur offrant une alternative viable.
Une étude du tribunal de traitement de la drogue de Calgary, publiée en 2022, a révélé qu’un peu plus de 51 % des participants admis entre 2016 et 2019 ont obtenu leur diplôme.
Aujourd’hui, Susan Sebulsky est fière d’avoir reconstruit sa vie et d’offrir une seconde chance à ceux qui se trouvent dans la même situation qu’elle. Elle a été embauchée par le ministère de la Justice de la Saskatchewan pour coordonner le nouveau tribunal de North Battleford, un rôle qu’elle considère comme une véritable consécration.
« Je me sens vraiment bénie parce que j’ai bouclé la boucle. »
Susan Sebulsky, coordinatrice du tribunal de traitement de la toxicomanie
Elle est rejointe dans cette mission par d’autres anciens participants aux programmes, comme Meagan Jasper, coordinatrice du tribunal de Moose Jaw, témoignant de l’impact transformateur de ces initiatives.
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