Publié le 16 novembre 2023 21:56:00. Des milliers de places d’accueil pour les enfants pourraient disparaître en Wallonie dès janvier, en raison de coupes budgétaires qui menacent la viabilité de nombreuses crèches et assistantes maternelles. Cette situation inquiétante pourrait laisser de nombreuses familles dans l’incertitude et entraîner des pertes d’emplois dans le secteur.
- Le gouvernement de la Communauté française a annoncé une réduction de 74 millions d’euros dans le secteur de la petite enfance.
- L’absence d’indexation des subventions de l’Agence de la naissance et de l’enfance (ONE) – l’Enfant et la Famille francophone – représente une économie de 8 millions d’euros, mais met en péril le financement des frais de personnel.
- Près de 1 650 places d’accueil pourraient être supprimées à Liège et plus de 3 300 dans le Hainaut, représentant 25 % des places disponibles en Communauté française.
L’association Cosege, qui regroupe les crèches et assistantes maternelles francophones, tire la sonnette d’alarme face à une situation qu’elle qualifie de « catastrophe » imminente. Alors que la demande de places d’accueil est déjà supérieure à l’offre, ces coupes budgétaires risquent d’aggraver considérablement la pénurie.
Selon Cosege, l’absence d’indexation des subventions de l’ONE, qui sont pourtant essentielles au financement des salaires du personnel, est un facteur déterminant dans la fermeture de crèches. De nombreuses structures ne pourront pas compenser cette perte de revenus et seront contraintes de réduire leurs activités, voire de fermer définitivement leurs portes.
Le secteur de l’accueil des enfants est confronté depuis plusieurs années à une dégradation des conditions de travail, à un manque de personnel qualifié et à un sous-financement chronique. Cette crise actuelle ne fait qu’exacerber ces problèmes structurels.
Les conséquences de ces fermetures se feront sentir au-delà du secteur de la petite enfance. Les parents, notamment ceux qui travaillent, se retrouveront en difficulté pour concilier vie professionnelle et vie familiale. La disponibilité de services de garde d’enfants flexibles est d’ailleurs un facteur clé pour favoriser l’emploi, comme le souligne l’économiste Ive Marx :
« Le manque de services de garde d’enfants flexibles constitue un obstacle au travail bien plus important que le manque d’incitations financières. »
Ive Marx, économiste
Ive Marx explique pourquoi la flexibilité des services de garde est cruciale pour l’emploi.
À lire aussi
