Ces mesures, adoptées par le Parlement, incluent des exonérations de TVA sur les marchandises en transit et une réduction de la taxe sur les dispositifs médicaux pour renforcer l'attractivité économique du pays.
Allègements de la TVA et mesures de trésorerie pour les entreprises
La stratégie fiscale actuelle mise sur une réduction directe des coûts opérationnels pour les acteurs industriels et logistiques. Selon Financial Afrik, le gouvernement a instauré une exonération de TVA sur les marchandises en transit et les services associés. Cette disposition cible spécifiquement le positionnement de l’Égypte comme plateforme logistique régionale.
Les services financiers non bancaires ainsi que ceux gérés par la Poste égyptienne bénéficient également de cette exonération. Pour le secteur industriel, le report du paiement de la TVA sur les machines et équipements de production est prolongé, passant de deux à quatre ans.
L’impact sur la santé est également marqué : la TVA applicable aux dispositifs médicaux chute à 5 %, contre 14 % précédemment. Pour soutenir la liquidité immédiate des entreprises, les autorités ont annoncé une accélération des remboursements des crédits de TVA.
Réformes du marché des capitaux et lutte contre la double imposition
L’Égypte cherche à dynamiser son marché boursier via des incitations fiscales pour les introductions en Bourse. Une modification notable consiste à remplacer l’impôt sur les plus-values des titres par un droit de timbre, simplifiant ainsi la fiscalité des investisseurs.
Le cadre réglementaire s’attaque aussi aux frictions entre sociétés résidentes. Les nouvelles mesures suppriment la double imposition sur les dividendes entre ces entités. Par ailleurs, le dispositif de règlement amiable des litiges fiscaux est prolongé jusqu’à la fin de l’année 2026.
Une croissance portée par les TIC, le tourisme et l’industrie
Ces réformes fiscales interviennent alors que l’économie montre des signes de reprise. Le ministère de la Planification, du Développement économique et de la Coopération internationale rapporte, via Daba Finance, que le PIB a progressé de 5 % au quatrième trimestre de l’année fiscale 2024/2025.
Cette performance, la plus rapide en trois ans, a porté la croissance annuelle à 4,4 %. Trois moteurs principaux sont identifiés :
Le tourisme.
L’industrie manufacturière non pétrolière, dont l’indice de production a bondi de 18,8 % au quatrième trimestre 2024/2025.
Les technologies de l’information et de la communication (TIC).
Le gouvernement attribue cette dynamique à la discipline budgétaire et à l’augmentation des investissements publics, malgré des pressions inflationnistes persistantes.
L’infrastructure comme levier : TGV et nucléaire
Le redressement économique s’appuie sur une politique de mégaprojets lancée depuis une décennie. Le Brief détaille des investissements massifs destinés à moderniser les transports et l’énergie.
Le réseau de train à grande vitesse (TGV), développé avec un consortium mené par Siemens Mobility, s’étend sur 2 000 kilomètres. Ce réseau relie Aïn Sokhna, Le Caire, la Nouvelle Capitale administrative, Alexandrie, Louxor et Assouan. En parallèle, la transition énergétique passe par la centrale nucléaire d’El-Dabaa. Construite par le groupe russe Rosatom, elle prévoit quatre réacteurs VVER-1200 pour une capacité de 4,8 gigawatts, pour un coût estimé à près de 29 milliards de dollars.
L’urbanisme est également transformé par la Nouvelle Capitale administrative, lancée en 2015 pour décongestionner Le Caire. Ces chantiers attirent des capitaux provenant de Chine, de Russie, des pays du Golfe et d’Europe.
Équilibres financiers et risques géopolitiques
Photo: Lebrief
L’Égypte navigue dans un contexte extérieur fragile. Selon Le Moci, les revenus du canal de Suez ont chuté d’environ 70 % depuis le début de la guerre à Gaza en octobre 2023. Le pays fait également face à un effondrement significatif de ses exportations de gaz naturel.
Pour stabiliser sa macroéconomie, l’Égypte s’appuie sur le soutien international. Le FMI a validé en février 2026 la poursuite de l’accord Extended Fund Facility, d’un montant de 8 milliards de dollars, prolongé jusqu’au 15 décembre 2026.
L’intégration régionale et globale s’accélère également. L’Égypte a rejoint les BRICS, un bloc qui inclut désormais d’autres partenaires comme le Nigeria, afin de diversifier ses relations commerciales et d’attirer des investissements stratégiques.
Comparatif : L’efficacité des investissements publics
L’approche égyptienne des investissements publics contraste avec celle d’autres économies de la région MENA. L’économiste Mohamed Jadri, cité par L’Observateur, souligne une différence majeure de calibration.
Pays
Mobilisation du PIB pour un point de croissance
Maroc
10 à 11 %
Égypte
3 %
Cette donnée suggère que l’Égypte mobilise proportionnellement moins de ressources publiques pour générer un point de croissance que le Maroc, reflétant une efficacité différente dans le déploiement de ses grands chantiers d’infrastructure.
Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.