Home AffairesEibinger-Miedl à la dette de Vienne: “beaucoup plus que le prix”

Eibinger-Miedl à la dette de Vienne: “beaucoup plus que le prix”

by Amélie Bernard

Publié le 6 octobre 2025 à 16h28. Le gouvernement autrichien semble pouvoir atteindre son objectif de déficit budgétaire pour 2025, grâce à une conjoncture économique favorable, mais les finances des régions et des communes restent préoccupantes et nécessitent une consolidation.

  • Le ministère fédéral des Finances (BMF) prévoit un déficit de 4,5 % du produit intérieur brut (PIB) pour 2025.
  • Si le gouvernement fédéral affiche une amélioration de ses finances, les Länder et les communes accusent un retard, avec un déficit combiné de 6,2 milliards d’euros.
  • La secrétaire d’État aux Finances, Barbara Eibinger-Miedl, souligne l’importance de poursuivre les efforts de consolidation budgétaire, notamment dans les secteurs de la santé et des services sociaux.

L’amélioration de la situation économique autrichienne joue un rôle clé dans la capacité du gouvernement à respecter ses engagements budgétaires. Le BMF constate que l’État fédéral affiche une performance supérieure aux prévisions, avec un excédent de 800 millions d’euros par rapport au budget initial. Cependant, cette bonne nouvelle est contrebalancée par des difficultés financières plus importantes au niveau régional et communal, qui enregistrent un déficit de 1,8 milliard d’euros.

Interrogée par le KURIER, Barbara Eibinger-Miedl a expliqué que plusieurs facteurs contribuent à cette situation.

« Nous avons constaté plusieurs effets positifs. D’une part, le gouvernement fédéral s’est appuyé sur une exécution très rigoureuse. Et, d’autre part, l’évolution économique favorable nous a été favorable. »

Elle a également souligné les défis structurels auxquels sont confrontés les Länder et les communes, notamment dans les domaines des salaires, de la santé et des services sociaux, où les marges de manœuvre sont limitées à court terme.

Les prévisions initiales concernant les déficits des Länder et des communes ont été revues à la hausse. Alors que le SPÖ de Vienne prévoyait un déficit de 3,8 milliards d’euros, le BMF tablait sur 4,8 milliards d’euros pour l’ensemble des régions et des municipalités en avril. Barbara Eibinger-Miedl a reconnu que les chiffres actuels dépassent les estimations initiales, mais a souligné que la ville de Vienne a entrepris des mesures de consolidation budgétaire.

Malgré les efforts de Vienne, qui prévoit d’économiser 500 millions d’euros, le déficit combiné des Länder et des communes s’élève à 6,2 milliards d’euros. La secrétaire d’État a souligné la difficulté d’évaluer précisément la situation viennoise, en raison de la fréquence différente des rapports financiers (trimestriels à Vienne, mensuels pour les autres Länder). Elle a toutefois exprimé sa confiance dans la capacité des régions à poursuivre leurs efforts de consolidation budgétaire, notamment lors de l’élaboration de leurs budgets pour 2026.

Barbara Eibinger-Miedl a insisté sur le fait que les difficultés financières touchent l’ensemble de l’État, et que les communes disposent de moins de leviers pour augmenter leurs revenus. Elle a également souligné les disparités financières entre les différents Länder, notamment en ce qui concerne le financement des hôpitaux. Elle a appelé à un accord sur des objectifs clairs dans le cadre du pacte de stabilité en cours de négociation.

Concernant les propositions visant à aider les communes, telles que l’augmentation de la taxe foncière ou de la taxe sur les véhicules, la secrétaire d’État a indiqué qu’elles ne figuraient pas à l’ordre du jour. Elle a réaffirmé la priorité accordée à la recherche d’économies et à l’amélioration des systèmes existants.

« À ce stade du débat, nous ne devrions pas évoquer de nouvelles charges financières pour les citoyens. »

Gabriel Felbermayr, de l’Institut autrichien des études économiques (WIFO), a mis en garde contre le risque de ne pas atteindre les objectifs budgétaires d’ici 2029 si le gouvernement ne resserre pas sa politique de consolidation. Barbara Eibinger-Miedl a annoncé que les évaluations pour 2026 seraient présentées de manière transparente et que des économies seraient recherchées dans divers domaines, tels que les maisons d’hôtes et les effectifs de la fonction publique.

La question d’une réduction du taux de TVA réduit sur les produits alimentaires, de 10 % à 5 %, a été évoquée par Barbara Eibinger-Miedl, qui a reconnu que d’autres pays avaient des taux plus bas. Cependant, elle a souligné les difficultés liées à un tel changement et a précisé que le gouvernement avait opté pour d’autres mesures, notamment dans les domaines du logement, de l’énergie et de la lutte contre la surcharge administrative.

Enfin, concernant le projet de loi sur la taxe sur les successions, dont le ministre des Finances disposerait d’un texte, Barbara Eibinger-Miedl a estimé que le problème principal résidait dans les dépenses, et non dans les recettes. Elle a également indiqué que l’inflation, légèrement plus élevée que prévu en raison de la fin du plafonnement des prix de l’électricité, devrait revenir à 2 % d’ici 2026, conformément aux objectifs du chancelier fédéral.

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