Avec Pixels, Il A, de son vrai nom Eleonora Antognini, livre un album profondément personnel et novateur, explorant les émotions et les réflexions d’une jeune femme née en 2002. L’artiste, révélée par sa participation à Red Bull 64 Bars Live, s’affirme avec un son qui fusionne les racines du rap old school et des sonorités contemporaines, tout en abordant des thèmes sociaux et personnels avec une honnêteté désarmante.
L’album, né d’une démarche spontanée après deux projets plus conceptuels, se distingue par une liberté créative assumée. « Tout est né spontanément, après deux projets dans lesquels j’avais un concept en tête, je me suis imposé certains objectifs, d’abord être spontané et sans trop de pensées mais j’espère les faire surgir chez l’auditeur », explique l’artiste. Cette spontanéité se reflète également dans le choix des collaborations, qui mêlent des artistes avec lesquels Il A a déjà travaillé, comme Gué et Sayf, à de nouvelles rencontres, notamment avec Colapesce.
La collaboration avec Colapesce, en particulier, a surpris certains observateurs. « On ne se connaissait pas avec Colapesce, on s’est rencontré en studio avec lui et Disse, mon producteur, et on s’est tout de suite bien entendu, il nous a fait écouter beaucoup de musique et c’était conforme à toutes attentes », précise Il A. Cette ouverture à des univers musicaux différents témoigne d’une volonté de dépasser les frontières et d’explorer de nouvelles voies.
Au-delà de la musique, Pixels aborde des questions de censure et de représentation. Le titre de l’album, choisi en réaction à l’utilisation de la pixellisation comme forme de censure, symbolise la reconstruction d’une image à partir de fragments. « C’est important que le rap soit inconfortable, ça a toujours été comme ça, ça doit être énervant. Je préfère m’occuper de mes propres pensées et sensations, mais ici, plutôt que de censurer, je montre que j’ai commencé à travailler pour arranger les choses : plusieurs pixels créent une image, un seul ne fait rien », affirme Il A.
L’artiste se montre également consciente de la force sociale de ses chansons et de la nécessité de porter un regard féministe sur la société. « Il est objectif qu’il y ait toujours besoin de pensées féministes, en 2025 nous pourrions être mieux lotis ; Cela dépend de l’éducation, c’est important de se sentir représentée dans la musique et pour les femmes ce n’est pas toujours évident dans un secteur très masculin », souligne-t-elle.
Malgré le succès rencontré lors de ses récentes performances, notamment à Corviale lors de la soirée Red Bull 64 Bars Live, Il A reste humble et exigeante envers elle-même. « Je suis une personne qui a des standards assez élevés et les artistes que j’admire sont toujours à des niveaux très élevés ; Je ne monte pas sur le podium à cause de mon idée, ce n’est pas une question de nombre mais de qualité, d’impact que ça peut avoir », explique-t-elle, avouant une certaine pudeur face à l’enthousiasme du public.
L’album explore également des thèmes plus personnels, comme la solitude, l’amour et la spiritualité. « Je regarde le ciel et j’appelle Dieu », une phrase tirée d’une de ses chansons, révèle une quête de sens et une remise en question des certitudes. « Je ne suis pas croyant, j’ai grandi dans un contexte chrétien, j’y ai cru pendant des années mais maintenant je ne peux plus dire objectivement si cela existe ou non. Mon Dieu idéal ne laisserait pas certaines choses arriver », confie-t-elle.
La tournée à venir, qui débutera en novembre, permettra à Il A de partager sa musique avec un public plus large. « Nous pensons à deux moments différents, mon public est en Italie. Si je veux faire des clubs, c’est difficile de faire beaucoup de concerts, il y a un ticket à payer donc le public est le premier à faire un choix », explique-t-elle. Elle prévoit une expérience scénique plus élaborée pour ses concerts en Italie, notamment lors de sa première date à Alcatraz à Milan le 22 janvier. « Je veux monter sur scène non seulement avec le DJ, comme je le ferai lors de la tournée à l’étranger, mais avec un set plus peuplé. »
