Les Israéliens ont voté le 27 octobre 2026 lors d’un scrutin législatif, marquant le premier vote depuis les attaques du 7 octobre 2023. Alors que les sondages placent le parti centriste de Gadi Eisenkot en tête devant le Likud de Benjamin Netanyahu, la participation a atteint un niveau record depuis 1973.
Une participation record dans les urnes et les accusations du parti Yashar contre Benjamin Netanyahu
À la mi-journée, la Commission électorale centrale a enregistré un taux de participation de 44,9%, le plus haut depuis le début des relevés en 1973, selon le président de l’institution Dean Livneh. Les électeurs se sont déplacés aux urnes à un rythme inégalé depuis plus d’un demi-siècle pour ces élections de la Knesset.
Des dizaines de milliers d’expatriés ont fait le voyage pour participer au scrutin, tandis que les bureaux de vote ont connu de longues files d’attente à travers le pays. Le climat politique s’est rapidement envenimé au cours de la journée.
Après avoir voté, Benjamin Netanyahu a affirmé que ses opposants tentaient de voler l’élection
, après l’arrestation de trois hommes trouvés en possession d’enveloppes remplies d’argent liquide qualifiée de cas isolé par les autorités électorales.
En réponse, la formation centriste de Gadi Eisenkot, Yashar, a vivement réagi par voie de communiqué.
Le duel serré entre Gadi Eisenkot et Benjamin Netanyahu face à l’impasse parlementaire
Le parti Yashar de Gadi Eisenkot devance régulièrement le Likud de Benjamin Netanyahu, tandis que le bloc d’opposition surclasse la coalition sortante de droite et d’extrême droite. Les derniers sondages publiés avant le scrutin par les principales chaînes de télévision — notamment Channel 12, Channel 13, et la chaîne publique KAN 11 — dessinaient un paysage politique fragmenté.
Malgré cette dynamique, aucun des deux camps ne parvient à atteindre les 61 sièges requis pour obtenir une majorité absolue dans le Parlement israélien de 120 sièges.
🗳️ Israel votes in a razor-thin contest between Netanyahu’s Likud & Eisenkot’s Yashar party🇮🇱 Voters call it a crossroads after the October 7 attacks ⚖️ Analysts warn forming a stable coalition in the 120-seat Knesset will be tough#IsraelElection #Netanyahu #GadiEisenkot… pic.twitter.com/L0MM5qNme6
Les enquêtes d’opinion attribuaient au bloc d’opposition entre 54 sièges, contre 49,5 pour la coalition de Netanyahu. Parallèlement, plusieurs listes ont échoué ou lutté de près pour franchir le seuil électoral de 3,25%.
C’est le cas du parti People of Israel d’Ofer Winter et de la liste conjointe menée par Yoaz Hendel et Yaron Zelekha, dont les scores oscillaient autour de la ligne de flottaison nécessaire pour entrer à la Knesset.
Les partis arabes israéliens représentent environ 18% des électeurs et près de 1,17 million de citoyens. Une forte mobilisation a été observée dans les localités concernées, avec des projections tablant sur 14 à 16 sièges combinés.
Des tensions sur le terrain et la menace d’un gouvernement intérimaire prolongé
L’organisation de défense des droits humains Adalah a rapporté que des commissions de bureaux de vote ont ralenti la participation des citoyens arabes israéliens en leur posant des questions non pertinentes. Elle a ajouté qu’elles ont fermé temporairement des portes, tout en déplorant l’absence de bulletins de langue arabe dans plusieurs bureaux.

La police a par ailleurs arrêté à Tel-Aviv un homme armé d’un couteau qui s’approchait de l’opposant de gauche Yaïr Golan.
Sur le plan institutionnel, l’absence de majorité claire fait craindre une longue période d’incertitude. Interrogé par Euronews, Yossi Mekelberg, chercheur associé senior au think tank Chatham House, a estimé qu’un gouvernement intérimaire pourrait rester en place pendant des mois, conservant des prérogatives militaires stratégiques.
Il n’y aura pas de nouveau gouvernement en Israël au lendemain du scrutin
, a-t-il averti. Il a estimé que cette situation s’avère d’autant plus explosive que le pays se trouve à un moment charnière concernant sa politique régionale face à l’Iran et à la situation à Gaza.
Le calendrier de la transition et les prochaines étapes institutionnelles
Les premières estimations des chaînes de télévision ont été diffusées dès la fermeture des bureaux de vote à 22 heures, heure locale. Toutefois, les résultats définitifs nécessiteront de la patience.

Le dépouillement complet doit s’achever d’ici le 30 octobre, tandis que la Commission électorale centrale doit publier les résultats officiels le 4 novembre.
Une fois ces chiffres officialisés, le président israélien Isaac Herzog entamera des consultations avec les chefs de tous les partis ayant franchi le seuil de 3,25%. Chaque dirigeant indiquera au chef de l’État la personnalité qu’il soutient pour former un gouvernement.