La Banque du Canada maintient son taux directeur à 2,25 % depuis décembre 2025, mais la flambée des prix de l’énergie liée à la guerre au Moyen-Orient ravive les craintes inflationnistes. Les marchés évaluent désormais à plus de 80 % la probabilité d’un resserrement monétaire dès cette semaine.
L’inflation au Canada a atteint 3,1 % en septembre, légèrement au-dessus du mois précédent, poussée par une envolée spectaculaire des prix de l’essence et du fioul domestique. Face à ce choc pétrolier persistant, les analystes s’attendent à ce que la banque centrale revoie ses prévisions à la hausse lors de sa décision sur les taux d’intérêt prévue le 28 octobre.
Les marchés financiers parient sur un relèvement des taux
La probabilité d’une hausse du taux directeur a bondi dans les salles de marché. Selon LSEG Data & Analytics, les investisseurs estiment à plus de 83 % la chance d’un resserrement dès cette semaine, contre seulement 30 % quelques semaines plus tôt.
Du côté des grandes institutions financières, les avis divergent sur le calendrier exact. Desjardins et la Banque Scotia anticipent un relèvement d’un quart de point, tandis que Goldman Sachs prévoit deux hausses successives d’ici janvier 2027 pour ramener le taux au centre de la fourchette neutre. D’autres analystes, notamment à la RBC et chez Servus Credit Union, estiment toutefois que la banque centrale pourrait faire preuve de patience et reporter son action à décembre ou janvier.
Selon un sondage Reuters mené du 21 au 23 octobre, 56 % des économistes interrogés estiment que la banque relèvera son taux à 2,50 %, une première depuis juillet 2023. David Doyle, économiste chez Macquarie Group, prévoit quant à lui que la Banque du Canada relèvera son taux directeur de 125 points de base d’ici la fin de 2027. Benjamin Reitzes, stratégiste chargé des taux canadiens et de la macroéconomie chez BMO, a indiqué que les autorités préfèrent relever les taux un peu tôt plutôt que de prendre du retard sur la courbe, comme en 2021-2022.

L’impact direct sur les prêts hypothécaires et les emprunteurs
Une augmentation du taux directeur renchérira immédiatement le coût du crédit pour les ménages canadiens.
Sur un prêt hypothécaire de 300 000 $, un paiement aux deux semaines serait majoré d’environ 15 $ dans le cas d’une hausse du taux directeur de 25 points de base.
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Les marges de crédit hypothécaires, indexées sur le taux préférentiel des banques, deviendront également plus coûteuses. Face à cette perspective, des courtiers comme Cathy Vachon rappellent qu’il est possible de réserver ou de geler un taux pendant une période de 3 ou 4 mois auprès de son institution financière pour se prémunir contre de nouvelles fluctuations.
Le choc énergétique du Moyen-Orient face à une économie atone
La flambée des cours du pétrole brut et des produits raffinés, particulièrement les prix de l’essence qui ont augmenté de 27,8 % en septembre par rapport à l’année précédente selon Statistique Canada, complique la tâche des décideurs politiques. Le conflit pèse lourdement sur les coûts de transport, se répercutant dans l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement, malgré un net ralentissement de la hausse des prix alimentaires achetés en magasin, qui ont progressé de 1,7 % en septembre.
Dans le même temps, Statistique Canada indique que l’inflation sous-jacente a légèrement reculé, l’IPC-tronq étant tombé à 1,8 % et l’IPC-méd à 1,9 %. Les autorités monétaires devront donc arbitrer entre la nécessité de juguler l’inflation importée par l’énergie et le risque de freiner une croissance économique qui devrait atteindre 1,0 % en 2026 et 1,7 % en 2027 selon les prévisions.
