De coach sportive à figure influente du football féminin aux États-Unis, Emma raconte un parcours jalonné de défis, de soutien familial et d’une prise de conscience sur les spécificités de l’expérience féminine dans le sport.
L’impulsion initiale, selon elle, est venue de son professeur d’éducation physique qui l’encourageait à suivre des formations en leadership. Dès l’âge de 16 ans, Emma envisageait une carrière diplomatique, mais c’est le coaching, d’abord par nécessité, puis par passion, qui a façonné son destin. Après des études universitaires où elle a exercé cette fonction, elle a rejoint l’équipe de développement sportif de Camden, contribuant à la création de la ligue de Regent’s Park.
Un tournant majeur s’est produit avec son déménagement aux États-Unis. « Plus que tout, je voulais vivre en Amérique », confie-t-elle. « Le coaching était un moyen d’obtenir un visa et de m’installer à New York. »
Emma attribue une part essentielle de son succès à ses parents. Son père, qu’elle décrit comme un féministe avant l’heure, l’a toujours poussée à se dépasser, même si cela n’a pas toujours été facile. « Il voyait quelque chose en moi que je ne voyais pas », explique-t-elle, en se remémorant une scène amusante avec son fils Harry : « Je restais silencieuse sur le terrain de football, et il m’a demandé pourquoi je ne disais rien. Je lui ai répondu que je ne voulais pas reproduire le comportement de mon père, mais il voulait que je l’encourage davantage. »
Sa mère, quant à elle, l’a toujours encouragée à explorer ses passions sans limites. « Si je lui disais que je voulais travailler à l’ONU, elle me répondait simplement : ‘Vas-y, ma chérie, si c’est ce que tu veux faire.’ » Cette liberté d’expérimenter a été précieuse, et Emma réalise aujourd’hui, après le décès de son père, à quel point le soutien de sa mère est essentiel, notamment face aux défis de la ménopause.
C’est d’ailleurs un sujet qu’Emma n’hésite pas à aborder publiquement, brisant les tabous autour de la santé des femmes. « Je n’ai jamais souffert d’anxiété avant la ménopause », révèle-t-elle. « La perte d’œstrogènes, surtout lorsqu’elle est soudaine, comme ce fut mon cas après une intervention chirurgicale, affecte non seulement le corps, mais aussi le cerveau. Cela entraîne une diminution de la dopamine et de la sérotonine, ce qui peut provoquer de l’anxiété. »
En tant que coach, Emma estime qu’il est crucial de parler de ces expériences féminines dans le monde du football, souvent dominé par une perspective masculine. Elle souligne l’importance de valoriser le sport féminin, comme c’est le cas aux États-Unis, et de dénoncer les biais sexistes, qu’elle a pu observer dès ses débuts, notamment lors de formations où elle était la seule femme, ou face à des arbitres qui s’adressaient directement à ses collaborateurs masculins. « Mon père disait toujours : ‘Améliorez les choses pour les autres, même si cela implique d’encaisser les coups.’ »