Publié le 19 janvier 2024 08:47:00. La tradition de sceller les affaires en Chine par des repas arrosés d’alcool s’estompe, remplacée par une approche plus nuancée et influencée par les nouvelles réglementations gouvernementales et une prise de conscience accrue de la santé.
- La consommation d’alcool lors de réunions d’affaires en Chine reste courante, mais elle varie considérablement en fonction du secteur d’activité, de l’âge des participants et de leur affiliation gouvernementale.
- Le gouvernement chinois s’efforce activement de réduire les pratiques commerciales excessives, notamment la consommation d’alcool et la corruption, avec des mesures telles que l’interdiction de boire pendant les heures de bureau.
- Les cadeaux somptueux offerts autrefois pour faciliter les affaires sont de plus en plus remplacés par des invitations à des événements professionnels, en raison des préoccupations liées à la conformité.
Pendant longtemps, l’image d’affaires en Chine était indissociable de verres levés et de toasts obligatoires. « En Chine, il faut boire pour conclure des affaires », résumait-on souvent, particulièrement dans le secteur manufacturier. Cette pratique, bien que souvent pénible pour les partenaires étrangers, était perçue comme un élément essentiel pour établir la confiance et les relations, piliers de la culture commerciale chinoise. Beaucoup de dirigeants commerciaux étrangers se souviennent encore de ces réunions où il fallait, malgré le mal de tête garanti, suivre le rythme pour ne pas froisser leurs interlocuteurs.
Cependant, les temps changent. La construction de relations en Chine repose avant tout sur le guanxi (关系), un concept de réseau et de confiance qui se développe avec le temps. Si les réseaux communs restent le moyen le plus efficace de tisser des liens, l’alcool n’est plus le seul moyen d’y parvenir. Les nouvelles générations, plus soucieuses de leur santé, et les initiatives gouvernementales contribuent à cette évolution.
Les nuances sont désormais importantes. Dans certains secteurs, comme l’agriculture, la construction ou l’exploitation minière, la consommation d’alcool reste plus fréquente que dans des domaines plus technologiques comme les semi-conducteurs ou les technologies médicales. De même, les décideurs plus âgés (50 ans et plus) sont plus susceptibles d’insister pour boire que les jeunes cadres. Enfin, les rencontres avec des représentants du gouvernement sont désormais abordées avec plus de prudence, chaque verre étant pesé en fonction des risques personnels.
Cette transformation s’accompagne d’un changement dans les pratiques de cadeaux. Les paniers de fruits luxueux (les fameux « money-fruit baskets » d’il y a 15 ans) et les gâteaux de lune coûteux ont laissé place à des invitations à des événements professionnels, une solution plus conforme aux réglementations en vigueur. Le gouvernement chinois, conscient des dérives liées à la corruption et aux pratiques commerciales excessives, a mis en place une législation plus stricte.
La mise à jour de 2025 de la LOI ANTI-CONCURRENCE DÉLOYALE stipule explicitement qu’il ne faut pas consommer d’alcool pendant les heures de bureau. De nombreuses réunions d’affaires se déroulent désormais sans alcool, reflétant une prise de conscience collective de l’importance de la santé et du bien-être. Un changement positif, selon de nombreux observateurs.
Qu’en pensez-vous ? Avez-vous déjà été contraint de boire pour affaires en Chine et quelle a été votre expérience ? Pour une explication détaillée de la loi anti-concurrence déloyale de 2025, consultez la vidéo disponible sur ma chaîne YouTube China Perspectives (lien en première source).
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