La répression en Iran s’intensifie alors que le régime tente de reprendre le contrôle après des semaines de contestation. Un bilan provisoire, révélé par un responsable iranien, fait état d’au moins 5 000 morts depuis le début des manifestations, tandis que Téhéran envisage un rétablissement progressif de l’accès à Internet, coupé il y a plus de dix jours.
Selon un responsable de la région, qui a requis l’anonymat, les affrontements les plus violents et le plus grand nombre de décès se sont produits dans les zones kurdes du nord-ouest de l’Iran. Il accuse « des terroristes et des émeutiers armés » d’avoir tué des « Iraniens innocents », précisant qu’environ 500 membres des forces de sécurité ont également péri dans les troubles.
La coupure d’Internet, dénoncée par les organisations de défense des droits de l’homme comme une tentative d’étouffer la contestation et de dissimuler la répression, pourrait devenir « permanente », selon des militants du numérique. Cependant, les autorités iraniennes ont annoncé dimanche qu’elles envisageaient de rétablir progressivement l’accès. L’agence de presse Tasnim a rapporté que les applications de messagerie locales seraient bientôt activées sur l’intranet national iranien.
Dimanche matin, l’AFP a pu constater une connexion Internet limitée depuis son bureau de Téhéran, bien que la majorité des fournisseurs d’accès et des réseaux mobiles restent coupés. Les appels internationaux sont possibles depuis mardi et les SMS ont été rétablis samedi.
Par ailleurs, le président iranien Massoud Pezeshkian a mis en garde contre toute attaque contre l’ayatollah Ali Khamenei, le guide suprême, la qualifiant d’équivalent à « une guerre totale ». Sa déclaration intervient après que l’ancien président américain Donald Trump a appelé à un « nouveau leadership » en Iran, qualifiant Khamenei d’« homme malade ».
L’agence de presse Fars a rapporté que le directeur général d’Irancell, le deuxième opérateur de téléphonie mobile d’Iran, Alireza Rafiei, a été démis de ses fonctions pour ne pas avoir respecté la décision gouvernementale de couper l’Internet. L’agence accuse Irancell d’avoir « désobéi aux ordres des institutions décisionnelles » en ne mettant pas en œuvre les politiques de restriction d’accès.
La famille du manifestant Erfan Soltani, 26 ans, a confirmé qu’il était vivant. Les autorités iraniennes avaient initialement annoncé qu’il ne serait pas condamné à mort, après des craintes exprimées par sa famille.
Les femmes iraniennes et les jeunes militants sont décrits comme étant à l’avant-garde de la lutte pour un changement en Iran, après des décennies de régime répressif.
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