Home MondeEn Indonésie, des experts discutent de l’avenir de l’éducation à la paix en Asie du Sud-Est

En Indonésie, des experts discutent de l’avenir de l’éducation à la paix en Asie du Sud-Est

by Clara Dubois

Publié le 5 novembre 2025 05h00:00. Face à une instabilité croissante en Asie du Sud-Est, l’UNESCO a réuni à Jakarta des experts et décideurs pour explorer comment l’éducation peut devenir un outil puissant de paix et de réconciliation.

  • Du 24 au 25 septembre 2025, l’UNESCO a organisé une réunion à Jakarta, en Indonésie, sur l’éducation à la paix durable en Asie du Sud-Est.
  • La réunion a mis l’accent sur la nécessité d’intégrer l’éducation à la paix dans les politiques éducatives, la formation des enseignants et les programmes scolaires de la région.
  • Les participants ont identifié l’éducation à la citoyenneté mondiale, la justice sociale et l’éducation aux médias comme des thèmes prioritaires pour l’éducation à la paix dans l’ASEAN.

L’Asie du Sud-Est est confrontée à de nombreux défis sécuritaires. Au sud de la Thaïlande, une insurrection séparatiste perdure depuis des décennies, s’intensifiant au début des années 2000. Le Myanmar est sous le contrôle d’une junte militaire depuis le coup d’État de 2021. En Indonésie, les conflits impliquant des groupes extrémistes et la persécution des minorités religieuses restent des préoccupations majeures. Dans ce contexte, l’éducation à la paix apparaît comme un levier essentiel pour prévenir les conflits et construire des sociétés plus inclusives.

La réunion de Jakarta, organisée par l’UNESCO, visait à rassembler les acteurs clés – décideurs politiques, éducateurs, organisations internationales et experts en paix – pour réfléchir à la manière dont l’éducation peut contribuer à maintenir la paix. Selon l’UNESCO, il s’agit d’explorer « le rôle transformateur de l’éducation dans le maintien de la paix en favorisant la réconciliation, en s’attaquant aux causes profondes et en luttant contre toutes les formes de discrimination et de discours de haine ». Plus d’informations sur le site de l’UNESCO.

Les discussions se sont appuyées sur la Recommandation de l’UNESCO de 2023 sur l’éducation à la paix, les droits de l’homme et le développement durable, qui fournit un cadre pour la mise en œuvre de l’éducation à la paix. Lors de la séance d’ouverture, le professeur Abdul Mu’ti, ministre indonésien de l’Enseignement primaire et secondaire, a souligné l’importance de l’éducation pour promouvoir la tolérance, l’empathie et la compréhension mutuelle.

Les participants ont identifié 14 principes directeurs et sept domaines clés pour la mise en œuvre de cette recommandation. Les échanges ont notamment mis en lumière la nécessité d’élaborer des politiques inclusives et adaptées au contexte local, en impliquant activement les jeunes. Des représentants d’Indonésie, du Myanmar et du Timor-Leste ont partagé leurs expériences et leurs perspectives.

Une autre session a abordé l’éducation à la paix dans une perspective d’apprentissage tout au long de la vie. Des experts des Philippines, d’Indonésie, de Malaisie et du Timor-Leste ont présenté leurs stratégies et leurs pratiques nationales, soulignant l’importance de la formation des enseignants, de la direction des écoles et de la réforme des programmes scolaires, notamment en intégrant l’éducation civique et les droits de l’homme.

Les discussions se sont poursuivies avec une réflexion sur les stratégies à mettre en œuvre entre 2026 et 2030 pour une éducation transformatrice. Des intervenants du Cambodge, du Timor-Leste et de la Thaïlande ont insisté sur la nécessité d’aborder la réconciliation, de lutter contre les traumatismes historiques et d’intégrer différentes perspectives dans l’enseignement de l’histoire. L’éducation ne doit pas se limiter à la transmission de connaissances, mais doit également favoriser l’empathie, la guérison et la pensée critique.

Sunmi Ji, directeur du Centre Asie-Pacifique d’éducation pour la compréhension internationale (APCEIU) de l’UNESCO, a présenté les initiatives de l’APCEIU pour promouvoir une culture de paix, notamment en matière de développement professionnel des enseignants, de programmes d’études, de pédagogie et de partenariats.

Des exemples concrets d’éducation à la paix menés aux Philippines, au Timor-Leste, en Indonésie et en Malaisie, notamment par le biais de l’art et des médias numériques, ont été présentés. Par ailleurs, des participants d’Indonésie, de Thaïlande et du Timor-Leste ont plaidé pour l’intégration des études sur la paix, les droits de l’homme et la justice écologique dans l’enseignement supérieur, ainsi que pour l’amélioration de la formation des enseignants et la garantie de la liberté académique.

Lors d’une séance interactive finale, les participants ont été invités à identifier les trois sujets prioritaires pour l’éducation à la paix dans l’ASEAN. L’éducation à la citoyenneté mondiale a recueilli le plus de voix, suivie de la justice sociale, de l’éducation aux médias, des valeurs et de l’éthique, de l’histoire et de la mémoire, du changement climatique et de la durabilité, et de l’intelligence artificielle.

Le Réseau d’information sur la paix (PNN) a récemment publié des articles sur l’éducation à la paix en Indonésie. En septembre 2025, PNN a rapporté le lancement de la deuxième phase du projet Social Media 4 Peace de l’UNESCO, qui vise à renforcer la résilience des sociétés face aux contenus en ligne nuisibles, en particulier les discours de haine, tout en promouvant la liberté d’expression. En décembre 2024, PNN a publié un article sur l’éducation religieuse multiculturelle pour la paix à Poso, une ville indonésienne marquée par des conflits interreligieux, soulignant le succès d’un modèle éducatif intégrant l’apprentissage religieux, des activités parascolaires et des programmes de solidarité.

Mots-clés : Indonésie, Asie du Sud-Est, éducation, éducation à la paix, Thaïlande, Timor-Leste, paix, conflit, résolution de conflits

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