Publié le 29 décembre 2025 à 21h03. Des manifestations d’une ampleur inédite depuis le mouvement déclenché par la mort de Mahsa Amini en 2022 secouent l’Iran, alimentées par la chute spectaculaire du rial et une inflation galopante qui pèsent sur le pouvoir d’achat des citoyens.
- Des commerçants et des manifestants ont fermé leurs boutiques et défilé dans les rues de Téhéran et d’autres villes du pays.
- La police a réprimé les protestations en utilisant des gaz lacrymogènes.
- Le rial iranien a perdu plus de 70% de sa valeur face au dollar américain depuis 2022, entraînant une forte hausse des prix des produits de première nécessité.
La colère gronde en Iran face à la dégradation rapide de la situation économique. Lundi, un dollar américain s’échangeait pour environ 1,4 million de rials (contre 430 000 rials lorsque le dernier gouverneur de la banque centrale a pris ses fonctions en 2022), selon l’agence de presse AP. Cette dévaluation a provoqué une flambée des prix, notamment des denrées alimentaires, qui ont augmenté de 72% en décembre par rapport à l’année précédente.
Les protestations, qui se concentrent notamment dans une rue commerçante du centre de Téhéran et aux abords du Grand Bazar, sont menées par les commerçants et les marchands, durement touchés par la crise économique. Elles interviennent après le remplacement du directeur de la banque centrale, signe de l’inquiétude des autorités face à l’effondrement de la monnaie nationale.
Les manifestations actuelles rappellent celles qui avaient suivi la mort de Mahsa Amini en septembre 2022. Cette jeune femme kurde-iranienne, décédée après avoir été arrêtée par la police morale pour non-respect du code vestimentaire, était devenue un symbole de la résistance contre le régime islamique. L’affaire avait suscité une vague de protestations à travers le pays et un large soutien international des organisations de défense des droits des femmes.
Les rassemblements publics sont rares en Iran en raison de la forte répression exercée par le régime. La situation économique actuelle pourrait cependant alimenter de nouvelles tensions et de nouvelles manifestations dans les semaines à venir.
Le mouvement de protestation de 2022 suite au décès de Mahsa Amini.