Home SantéEncéphalopathie nécrosante aiguë selon la grippe: les enfants en bonne santé ont également été affectés

Encéphalopathie nécrosante aiguë selon la grippe: les enfants en bonne santé ont également été affectés

by Sophie Martin

Publié le 2025-10-06 07:55:00. Une étude américaine alerte sur une recrudescence de cas d’encéphalopathie aiguë nécrosante (ANE) chez des enfants après une infection par le virus de la grippe, soulignant l’importance de la vaccination et d’une prise en charge rapide.

  • Entre octobre 2023 et mai 2025, 41 cas d’ANE associés à la grippe ont été recensés chez des enfants et adolescents aux États-Unis.
  • La majorité des enfants touchés étaient auparavant en bonne santé, et le taux de mortalité est élevé (27%), avec des séquelles neurologiques fréquentes chez les survivants.
  • L’étude révèle un faible taux de vaccination contre la grippe parmi les enfants atteints, et met en évidence un rôle possible de facteurs génétiques dans la susceptibilité à l’ANE.

Une enquête nationale menée aux États-Unis a révélé une augmentation inquiétante de l’encéphalopathie aiguë nécrosante (ANE) chez les enfants et les adolescents suite à une infection par le virus de la grippe, notamment lors des saisons 2023/2024 et 2024/2025. L’ANE est une maladie rare mais grave qui provoque une inflammation rapide du cerveau, entraînant des lésions neurologiques potentiellement irréversibles.

L’étude, dont les résultats ont été publiés dans le JAMA, a analysé les données de 23 cliniques à travers le pays. Sur les 58 cas enregistrés, 41 répondaient aux critères d’inclusion, avec un âge médian de cinq ans. Un pourcentage élevé d’enfants (76%) n’avaient aucun antécédent médical connu, ce qui souligne la vulnérabilité même des enfants en bonne santé.

Les symptômes les plus fréquemment observés étaient la fièvre (93%), l’encéphalopathie (100%) et les convulsions (68%). Les analyses de laboratoire ont également révélé une augmentation des enzymes hépatiques (78%), une thrombocytopénie (63%) et une élévation du taux de protéines dans le liquide céphalo-rachidien (63%). Des tests génétiques ont été réalisés sur 32 patients, révélant des variants de risque chez 47% d’entre eux, dont 34% présentaient des mutations dans le gène RANBP2, connu pour être associé à une prédisposition génétique à l’ANE.

La grippe A, en particulier la variante H1N1PDM09, était le virus dominant identifié chez 95% des enfants atteints. La vaccination contre la grippe était documentée pour 38 patients, mais seulement 16% avaient reçu une vaccination saisonnière adaptée à leur âge. Ces données soulignent un manque de couverture vaccinale potentiellement contributif à l’augmentation des cas.

Malgré l’administration de traitements immunomodulateurs intensifs, incluant la méthylprednisolone (95%), les immunoglobulines intraveineuses (66%), le tocilizumab (51%), la plasmaphérèse (32%), l’ anakinra (5%) et la méthylprednisolone intrathécale (5%), le taux de mortalité est resté élevé (27%), avec un décès en médiane trois jours après l’apparition des symptômes, souvent en raison d’un œdème cérébral. Parmi les survivants, 63% présentaient des handicaps neurologiques modérés à sévères après 90 jours.

Dans un éditorial accompagnant l’étude, le Dr Timothy M. Uyeki, médecin-chef de la division de la grippe au National Center for Immunisation and Respiratory Diseases du CDC américain, a insisté sur la gravité de la situation et la nécessité urgente d’établir des normes cliniques pour le diagnostic et le traitement de l’ANE. Il a également réaffirmé la recommandation de la vaccination annuelle contre la grippe pour tous les enfants de six mois et plus aux États-Unis.

En Allemagne, la Commission permanente de vaccination (Stiko) de l’Institut Robert Koch (RKI) ne recommande pas la vaccination saisonnière contre la grippe pour les enfants en bonne santé, mais uniquement pour ceux présentant un risque accru en raison de certaines pathologies préexistantes, telles que l’asthme ou la mucoviscidose.

La forte mortalité et les séquelles fréquentes observées dans cette étude soulignent l’importance cruciale des mesures préventives, notamment une vaccination antigrippale systématique, ainsi qu’une prise en charge médicale rapide et intensive en cas de suspicion d’ANE. La détection précoce, une thérapie agressive et la prévention restent les piliers essentiels pour limiter l’impact de cette maladie grave.

En conclusion, cette série de cas met en évidence une mortalité et une morbidité élevées associées à l’ANE liée à la grippe, même chez des enfants initialement en bonne santé. Les auteurs insistent sur la nécessité d’une prévention renforcée, d’un diagnostic précoce, d’un traitement intensif et de protocoles de prise en charge standardisés. Une surveillance épidémiologique continue et des directives claires sont également essentielles.

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