Un foyer d’Ebola, causé par la souche rare Bundibugyo, a dépassé les 800 cas confirmés dans l’est de la République démocratique du Congo ce 17 juin 2026. Un mois après l’alerte d’urgence internationale de l’OMS, les équipes de réponse font face à des pénuries critiques de personnel et de matériel dans la province de l’Ituri.
Après quatre semaines, nous avons une épidémie dans une zone urbaine où règne l’insécurité, où il y a cette activité minière et commerciale, et où nous ne touchons pas toutes les personnes qui doivent figurer sur la liste des contacts. Si nous ne touchons pas ces personnes, nous ne pouvons pas dire que nous pouvons gagner contre cette épidémie.
Jean Kaseya, directeur général de l’Africa CDC Ce manque de traçabilité laisse des dizaines de milliers de contacts non identifiés, créant des angles morts épidémiologiques dangereux.Le blocage logistique et sanitaire dans l’Ituri
Dans la province de l’Ituri, épicentre de la crise, le système de surveillance montre des signes de rupture. Un rapport de l’OMS indique qu’au 14 juin, environ un tiers des 241 alertes concernant de nouveaux cas suspects n’avaient pas fait l’objet d’un suivi. Le manque de moyens de transport transforme des urgences médicales en attentes interminables. Manel Rebordosa, coordinateur de la réponse Ebola d’Oxfam à Bunia, a témoigné avoir visité un centre médical à Rwampara où une femme présentant des symptômes de fièvre et de saignements a dû attendre pendant des heures.Ils appelaient le système de surveillance, mais ils ne sont pas venus, car ils couvrent plusieurs zones de santé et n’ont pas assez d’ambulances.
Le déficit critique de personnel et de matériel
L’analyse des ressources disponibles révèle un fossé abyssal entre les besoins et la réalité du terrain. L’Africa CDC a publié des chiffres alarmants concernant les équipes chargées des enterrements sécurisés et de la décontamination dans l’Ituri.- Personnel : Seulement 15 % des effectifs requis sont en place.
- Véhicules : Seulement 7 % du parc automobile nécessaire est disponible.
Il y a un besoin de plus de ressources pour presque tout, des EPI (équipements de protection individuelle) au gravier.
Le décalage entre discours officiel et réalité terrain
- Perte de vue de cas contacts.
- Déplacement de patients entre différentes zones de santé.
- Pénurie de carburant pour les unités mobiles.
Find more reporting in our Santé section.
