Des chercheurs sud-coréens ont révélé, dans une étude publiée le 8 juin 2026 dans Nature Medicine, que les ex-fumeurs ayant adopté la cigarette électronique présentent un risque accru de 56 % de développer un cancer du poumon. Cette analyse, portant sur 4,5 millions d’adultes, souligne que le vapotage réduit les bénéfices d’un sevrage tabagique complet.
Le risque accru de cancer chez les ex-fumeurs vapoteurs
L’utilisation de la cigarette électronique après l’arrêt du tabac ne semble pas offrir la protection attendue. Selon les données analysées par Radio-Canada, les anciens fumeurs qui se tournent vers le vapotage augmentent leur risque de cancer du poumon de 56 %. Plus alarmant encore, le risque de décès lié à cette pathologie est doublé par rapport aux individus ayant totalement cessé toute consommation de nicotine.

L’étude, menée sur une période s’étendant de 2012 à 2023, a comparé plusieurs groupes : les fumeurs actifs, les ex-fumeurs ayant totalement arrêté et ceux ayant remplacé le tabac par la cigarette électronique. Les résultats indiquent que si le vapotage est a priori moins nocif que le maintien du tabagisme, il compromet les gains de santé liés à l’abstinence totale.
Une menace amplifiée pour les populations à haut risque
Le danger s’intensifie considérablement pour les tranches d’âge les plus vulnérables. Pour les personnes âgées de 50 à 80 ans, Pourquoi Docteur rapporte que le passage à la cigarette électronique est associé à des augmentations drastiques des risques :

- Risque de développer un cancer du poumon : augmentation de 91 %.
- Risque de décès lié au cancer du poumon : augmentation de 92 %.
Ces chiffres contrastent avec les bénéfices d’un arrêt complet. Les ex-fumeurs sans vapotage présentent un risque de décès par cancer du poumon inférieur de 44 % à celui des fumeurs actifs. L’introduction de la cigarette électronique vient ainsi neutraliser une partie importante de ce bénéfice protecteur.
Formaldéhyde et métaux lourds : les substances en cause
L’absence de combustion dans les cigarettes électroniques ne signifie pas l’absence de toxicité. Les chercheurs et cliniciens pointent du doigt la présence de composés cancérogènes et de métaux toxiques inhalés lors du vapotage.
Les substances identifiées comme problématiques incluent :
- Le formaldéhyde, un agent cancérogène reconnu.
- Des métaux lourds tels que le chrome, le nickel et le plomb.
Cette exposition continue crée une irritation pulmonaire persistante. Pour la docteure Nicole Ezer, spécialiste du cancer du poumon au Centre universitaire de santé McGill, cette situation est critique car le poumon ne peut pas se guérir seul face à une agression constante, ce qui favorise les mutations cellulaires menant au cancer.
“C’est toujours une insulte qui continue au poumon. Le poumon ne peut pas se guérir et on sait que cette insulte continuelle est vraiment problématique et permet à des mutations de créer des cellules cancéreuses. Donc, il faut vraiment arrêter l’irritation continue.”
Docteur Nicole Ezer, via Radio-CanadaL’arrêt complet face au dilemme de la santé publique
Le vapotage s’est imposé en France depuis une dizaine d’années. Selon un baromètre de Santé publique France publié en 2024 et cité par Linternaute.com, près de 8 % des adultes déclarent vapoter. Parmi les vapoteurs quotidiens, près de la moitié (49,5 %) sont d’anciens fumeurs.
Cette tendance s’inscrit dans un contexte sanitaire lourd. L’Organisation mondiale de la Santé rappelle que les fumeurs ont jusqu’à 22 fois plus de risque de développer un cancer du poumon au cours de leur vie que les non-fumeurs. En France, le cancer du poumon demeure la première cause de décès par cancer chez les hommes, avec plus de 30 000 décès enregistrés en 2022.
Toutefois, les auteurs de l’étude sud-coréenne précisent que leurs travaux ne permettent pas d’affirmer avec certitude que la cigarette électronique est la cause directe du cancer. Ils suggèrent néanmoins que le vapotage atténue les bénéfices d’un sevrage complet.
Vers des méthodes de sevrage plus sûres
Face à ces résultats, les experts recommandent de ne pas considérer la cigarette électronique comme une première option de sevrage. Courrier International souligne l’importance d’explorer d’abord des méthodes plus sûres et efficaces avant de se tourner vers le vapotage en dernier recours.

Pour ceux qui ont besoin de maintenir le geste associé au tabagisme, des alternatives médicales existent. Les inhalateurs de nicotine disponibles sur prescription sont présentés comme une option sécuritaire, bien que moins médiatisée par le marketing que les vapoteuses.
“Par conséquent, il est important que les personnes qui tentent de cesser de fumer essaient d’abord d’autres méthodes plus sûres (et néanmoins efficaces), et, si vraiment elles n’y parviennent pas, qu’elles ne passent à la cigarette électronique qu’après avoir épuisé toutes les autres solutions.”
Becky Freeman, Université de Sydney, via Courrier InternationalL’arrêt total de la nicotine et des produits inhalés reste la stratégie la plus protectrice pour la santé pulmonaire. Il est fortement recommandé de consulter un professionnel de santé pour établir un plan de sevrage adapté et sécurisé.
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