Le Parti conservateur du Québec (PCQ) a dévoilé un plan famille qui propose notamment de verser une allocation imposable de 100 $ par semaine, par enfant, aux familles qui choisissent de garder leurs enfants à la maison (Journal de Québec). Présentée par le chef Éric Duhaime lors d’un point de presse à Saint-Lambert-de-Lauzon en Beauce, cette mesure s’inspire d’un engagement de la défunte Action démocratique du Québec (ADQ) lors des élections de 2007.
Le plan famille du Parti conservateur du Québec
Cette aide financière peut atteindre 5 200 $ par année par enfant. Pour y être admissibles, les familles doivent résider au Québec et compter au moins un parent occupant un emploi à temps plein. L’allocation s’adresse spécifiquement aux parents qui n’ont pas de place subventionnée et qui ne réclament pas le crédit d’impôt pour frais de garde.
Les trois piliers du programme conservateur
Le plan global des conservateurs repose sur trois axes principaux :

- Maintenir le financement du réseau public actuel de centres de la petite enfance (CPE) et de garderies subventionnées, tout en mettant un terme à son expansion (Journal de Québec, Le Soleil).
- Bonifier le crédit d’impôt pour frais de garde dès le 1er avril 2027 afin de permettre aux familles de la classe moyenne d’économiser environ 950 $ par enfant annuellement pour une place non subventionnée coûtant environ 55 $ par jour (Le Soleil).
- Créer la nouvelle allocation de garde à domicile de 100 $ par semaine (Le Soleil).
L’ensemble de ce plan famille est évalué à 1,4 milliard de dollars sur une période de cinq ans, dont environ 280 millions de dollars par année pour l’allocation de garde à domicile. Pour financer la bonification du crédit d’impôt, le PCQ prévoit abandonner le programme gouvernemental de conversion de places privées en structures subventionnées. Selon les données du tableau de bord gouvernemental de juin 2026, 30 688 enfants étaient alors en attente d’une place en garderie au Québec.
Débats et réactions politiques
La proposition d’Éric Duhaime a suscité de vives réactions de la part de ses adversaires politiques. La première ministre sortante, Christine Fréchette, a accusé le chef conservateur d’attaquer l’autonomie des femmes et de vouloir défaire le réseau des CPE (Journal de Québec). Selon elle, ce réseau a permis aux femmes d’intégrer le marché du travail comme nulle part ailleurs au Canada (Journal de Québec).

Les critiques soutiennent que cette allocation pourrait inciter certaines mères à quitter temporairement le marché du travail, au risque d’accumuler moins d’ancienneté, d’expérience professionnelle et de cotisations de retraite que leur conjoint, tout en se trouvant confrontées à un manque de places si elles souhaitaient retourner travailler (Journal de Québec).
En réponse, la porte-parole en matière de famille du PCQ et candidate dans Beauce-Nord, Patricia Drouin, a défendu la mesure en affirmant qu’elle vise à offrir un choix véritable aux familles (Journal de Québec, Le Soleil). Éric Duhaime a également qualifié de « fiasco » les ratés récents du portail d’inscription aux garderies, attribuant ce dysfonctionnement au monopole public et estimant que son modèle axé sur la concurrence permettrait d’alléger les listes d’attente.