Publié le 30 décembre 2023 18:45. La liaison aérienne entre l’Espagne et le Venezuela est prolongée jusqu’à mi-janvier en raison de préoccupations sécuritaires, pénalisant les compagnies aériennes et les voyageurs. Cette situation, débutée il y a un mois, est une conséquence directe des avertissements émis par les autorités de l’aviation américaine et espagnole.
- La suspension des vols entre Madrid et Caracas, initialement prévue jusqu’à la fin de l’année, est maintenue par Iberia et Plus Ultra jusqu’au 31 janvier. Air Europa a quant à elle reporté ses vols jusqu’au 18 janvier.
- Les avertissements de sécurité proviennent de la Federal Aviation Administration (FAA) américaine et de l’Agence espagnole de sécurité aérienne (AESA), qui pointent du doigt une situation potentiellement dangereuse dans la région.
- L’impact de cette suspension varie considérablement selon les compagnies aériennes, avec des conséquences stratégiques pour Plus Ultra, fortement impliquée en Amérique latine.
La situation de la connectivité aérienne entre l’Espagne et le Venezuela reste tendue. Les restrictions de vol, initialement mises en place fin novembre suite aux recommandations de la FAA, se poursuivent, affectant les compagnies aériennes espagnoles et, par ricochet, d’autres transporteurs internationaux.
Tout a commencé avec une première alerte de la FAA, qui a mis en garde contre une « situation potentiellement dangereuse » dans l’espace aérien vénézuélien, notamment après le déploiement militaire américain dans les Caraïbes. L’agence américaine a précisé que les menaces pouvaient affecter les avions « à toutes les altitudes, y compris pendant les phases de survol, d’arrivée et de départ ». L’AESA a rapidement suivi en émettant une « haute recommandation » de ne pas survoler le Venezuela, prolongeant la restriction jusqu’au 31 janvier.
Iberia a été la première compagnie à réagir, suspendant ses vols entre Madrid et Caracas, suivie par Air Europa et Plus Ultra. Iberia et Plus Ultra ont confirmé le maintien de cette suspension jusqu’à la fin du mois de janvier, tandis qu’Air Europa a fixé une date de reprise au 18 janvier. L’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) a également souligné les risques liés aux opérations au Venezuela en décembre.
L’impact de cette crise aérienne est loin d’être uniforme. Pour Iberia, la route Madrid-Caracas ne représente que 1,7% de sa capacité long-courrier – soit 126 000 sièges sur un total de 7,46 millions en 2025 – limitant ainsi les pertes financières. En revanche, Air Europa reconnaît subir « de nombreuses pertes et de nombreux problèmes pour les usagers », selon les propos de son président, Juan José Hidalgo :
« De nombreuses pertes et de nombreux problèmes pour les usagers. »
Juan José Hidalgo, président d’Air Europa
La situation est particulièrement délicate pour Plus Ultra, dont l’activité est fortement concentrée en Amérique latine et au Venezuela. La compagnie a cherché des solutions alternatives, notamment en inaugurant le 10 décembre une nouvelle ligne Madrid-Cartagena de Indias, permettant à ses clients de se connecter à Caracas via le réseau Laser vénézuélien.
La réduction du nombre de vols a entraîné une diminution des options pour les passagers. Iberia et Air Europa opéraient chacune cinq vols hebdomadaires, tandis que Plus Ultra en assurait quatre. Laser, qui loue des avions et des équipages à Plus Ultra, propose quatre autres liaisons, et Estelar, avec des avions Iberojet, en maintient trois. Estelar a également mis en place une route avec escale à la Barbade pour assurer la continuité de la liaison avec l’Espagne.
La crise s’est étendue au-delà des compagnies aériennes espagnoles. L’Institut national vénézuélien de l’aéronautique civile (INAC) a suspendu les licences de vol de TAP, Avianca, Latam, Gol et Turkish Airlines, élargissant ainsi le champ des restrictions.
Cette prolongation des suspensions met en évidence la fragilité de la connectivité aérienne vénézuélienne et la vulnérabilité des compagnies aériennes face aux risques géopolitiques. La route Madrid-Caracas est devenue un symbole de la manière dont la sécurité et la politique peuvent modifier rapidement la carte aérienne mondiale.
Avec les informations de l’EFE
