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États-Unis frappent Bandar Abbas, Téhéran riposte contre base américaine

by Clara Dubois
Frappes à Bandar Abbas et tensions dans le détroit d'Ormuz

Les États-Unis ont mené des frappes dans le sud de l’Iran, ciblant une station de contrôle à Bandar Abbas, ce qui a provoqué des représailles de Téhéran visant une base américaine. Ces affrontements marquent la rupture la plus grave du cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril dernier.

Frappes à Bandar Abbas et tensions dans le détroit d’Ormuz

Frappes à Bandar Abbas et tensions dans le détroit d'Ormuz
Iran
L’escalade militaire a repris avec violence dans la nuit de mercredi à jeudi. Selon les informations de Radio-Canada, l’armée américaine a abattu quatre drones d’attaque qui représentaient une menace à proximité du détroit d’Ormuz. En parallèle, une station de contrôle au sol située à Bandar Abbas a été frappée pour empêcher le lancement d’un cinquième appareil. Les médias iraniens ont rapporté trois fortes explosions près de cette ville portuaire stratégique aux alentours de 1 h 30, heure locale. En réponse, les Gardiens de la Révolution ont annoncé avoir ciblé une base américaine, sans toutefois en préciser la localisation exacte. Cette riposte intervient alors que l’armée koweïtienne signale elle aussi avoir subi des attaques de missiles et de drones. La tension est montée d’un cran dans les eaux internationales, où les forces iraniennes ont effectué des tirs de semonce à l’intention de quatre navires tentant de franchir le détroit d’Ormuz. Les autorités américaines, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, ont toutefois qualifié ces opérations de « mesurées » et de « purement défensives », affirmant qu’elles visaient uniquement à maintenir le cessez-le-feu.

Les contours d’une médiation internationale délicate

Les contours d'une médiation internationale délicate
cluster (priority): Les Affaires
Malgré ces heurts, une issue diplomatique semble se dessiner en coulisses. Comme le rapporte Le Devoir, les deux belligérants travaillent sur une entente préliminaire sous l’égide du Pakistan, avec le soutien de la Chine. Ce protocole d’accord, qui inclurait une prolongation du cessez-le-feu, chercherait à ouvrir la voie à des discussions plus approfondies. Les points de friction restent majeurs, mais des concessions semblent être sur la table pour éviter un embrasement total. Les négociations se concentrent sur la réouverture du détroit d’Ormuz, une priorité absolue pour Washington, contre la levée de certaines sanctions économiques pour Téhéran.
Élément de négociationDétails et concessions potentielles
Médiation principalePakistan, avec le soutien de la Chine
Enjeu maritimeRéouverture du détroit d’Ormuz
Levée de sanctionsExportation de pétrole et gel des avoirs
Avoirs bloqués6 milliards de dollars provenant de la Corée du Sud
Programme nucléairePossible assouplissement de l’exigence de « zéro enrichissement »
Selon Patrick Clawson, expert au Washington Institute, les États-Unis pourraient même accepter de repousser les discussions sur le nucléaire et de tempérer temporairement leurs exigences sur l’enrichissement de l’uranium. De son côté, l’Iran semble prêt à être moins exigeant sur les compensations liées aux dommages de guerre ou sur l’arrêt des bombardements israéliens au Liban.

Volatilité des marchés et signes de normalisation en Iran

L’incertitude géopolitique se répercute immédiatement sur l’économie mondiale. Si les prix du pétrole ont connu une volatilité marquée, un certain optimisme commence à poindre chez les investisseurs. D’après Les Affaires, le cours du baril de Brent a chuté de près de 5 %, s’établissant à 94,61 $ US, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) demeure sous la barre symbolique des 100 $ US. À l’intérieur de l’Iran, quelques signes de retour à la normale apparaissent, bien que la situation reste précaire. L’accès à Internet a été partiellement rétabli après une coupure de trois mois, et le trafic aérien a repris son cours normal dans dix aéroports du pays.

Menaces de Donald Trump et posture de fermeté de Téhéran

La rhétorique de la Maison-Blanche demeure cependant extrêmement agressive. Le président Donald Trump a réitéré sa volonté de ne pas céder sur les exigences américaines, menaçant de reprendre les hostilités si les négociations échouent.

L’Iran veut vraiment conclure un accord. Ils n’y sont pas encore. Nous ne sommes pas satisfaits, mais nous finirons par l’être (…). Ou alors nous devrons simplement finir le travail.

Les États-Unis frappent la ville portuaire de Bandar Abbas en Iran alors que les tensions éclaten…
Menaces de Donald Trump et posture de fermeté de Téhéran
cluster (priority): Le Devoir
Donald Trump, président des États-Unis
Téhéran ne compte pas rester passif. Mohammad Akbarzadeh, un haut responsable des forces navales cité par l’agence Tasnim, a prévenu que les forces armées restaient en alerte, jurant de transformer le Golfe en un cimetière pour les agresseurs si nécessaire. Sur le terrain, cette dualité entre espoir diplomatique et menace militaire crée un climat d’angoisse constante pour la population civile.

J’ai l’impression que rien n’est encore certain, même si le cessez-le-feu est toujours en vigueur et qu’il est question d’un possible accord. On se demande tous les jours: y aura-t-il des frappes de missiles ce soir?

Amir, développeur de logiciel, via AFP
Alors que les experts comme Jabeur Fathally, de l’Université d’Ottawa, soulignent que les deux camps ont un intérêt mutuel à éviter une reprise totale de la guerre, les frappes récentes risquent de rigidifier les positions iraniennes et de fragiliser ce fragile équilibre.

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