Publié le 14 décembre 2025 à 06h52. L’édition 2026 du Suneung (CSAT), l’examen d’entrée à l’université en Corée du Sud, a suscité une vive controverse en raison de sa difficulté extrême, attirant même l’attention des médias britanniques qui ont proposé à leurs lecteurs de tester leurs connaissances.
- La section anglaise du Suneung a été jugée exceptionnellement difficile, certains étudiants la comparant à la déchiffrage d’une langue ancienne.
- Plusieurs médias britanniques, dont la BBC, le Telegraph et le Guardian, ont publié des questions de l’examen et invité leurs lecteurs à tenter de les résoudre.
- La difficulté de l’examen a conduit à la démission du directeur de l’Institut coréen pour les programmes et l’évaluation.
La difficulté de l’épreuve d’anglais du Suneung, qui ouvre les portes des universités et, par extension, d’un statut social plus élevé en Corée du Sud, a fait l’objet d’un reportage de la BBC le 12 décembre. La chaîne publique britannique a rapporté que seulement un peu plus de 3 % des candidats ont obtenu le niveau le plus élevé en anglais cette année, contre environ 6 % l’année précédente. Des étudiants ont décrit l’examen comme « incroyablement difficile », allant jusqu’à le comparer à « la déchiffrage d’une écriture ancienne ».
La BBC a mis en avant des questions particulièrement ardues, notamment la question 34, portant sur la philosophie du droit d’Emmanuel Kant, et la question 39, qui testait la terminologie des jeux vidéo. Elle a invité ses lecteurs à « se mettre à l’épreuve » en tentant de les résoudre.
Le Daily Telegraph a également publié les questions 34, 35 et 39 dans un article intitulé « Pouvez-vous réussir le test d’anglais « fou » d’entrée à l’université en Corée ? ». Le journal a souligné que l’examen était particulièrement difficile cette année, certains étudiants le qualifiant de « fou ».
Les réactions des lecteurs britanniques n’ont pas tardé à se faire connaître. Un commentaire satirique, particulièrement populaire, comparait la situation en Corée du Sud et au Royaume-Uni : « Ce test explique pourquoi la Corée a Samsung et le Royaume-Uni a le Premier ministre Starmer et des programmes de divertissement comme « Strictly » ».
Le Guardian a rapporté la démission d’Oh Seung-geol, directeur de l’Institut coréen pour les programmes et l’évaluation, suite à la polémique. Le journal a également souligné l’importance cruciale du Suneung dans la société coréenne, qui va bien au-delà de l’admission à l’université, influençant la stabilité économique et même les perspectives matrimoniales.
Le Guardian a précisé qu’il s’agissait de la première démission d’un président de l’institut en raison de la difficulté de l’examen depuis sa création en 1993. Le journal a également mis en lumière la confusion suscitée par le terme « culturetainment » (un mot-valise combinant « culture » et « entertainment ») dans la question 24, un terme même inventé par Stuart Moss, professeur à l’Université Leeds Beckett, qui a exprimé son embarras :
« C’est un mot qui n’est pas utilisé dans l’anglais courant, il n’aurait donc pas dû être inclus dans le test. »
Stuart Moss, professeur à l’Université Leeds Beckett
Le Guardian a également rappelé que la pression exercée sur les étudiants dans le système éducatif coréen, réputé pour sa compétitivité, est souvent citée comme l’une des causes des taux de dépression et de suicide les plus élevés au monde chez les jeunes.
Sur les réseaux sociaux, notamment sur Reddit, les internautes étrangers ont critiqué les questions controversées, les qualifiant de « jeux de mots inutiles » et de « mauvaise écriture qui ne parvient pas à transmettre correctement les concepts ou les idées ». Certains se sont interrogés sur l’orientation du système éducatif coréen : « Le système éducatif coréen enseigne-t-il uniquement comment réussir les examens ? »