Une coalition de 41 pays, dont des membres de l’Union européenne, a publié le 8 septembre 2026 une déclaration conjointe au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève, appelant à la protection des civils et des travailleurs humanitaires en Éthiopie tout en saluant les récents scrutins électoraux.
L’ambassadeur de Lituanie, Rytis Paulauskas, a présenté cette déclaration au nom des 41 nations lors de la 63e session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies selon les rapports publiés sur l’actualité éthiopienne. Le texte met en avant la conduite des élections générales ainsi que l’achèvement de l’Assemblée de dialogue national, tout en exprimant de graves préoccupations concernant les risques sécuritaires persistants dans plusieurs régions du pays.
Le Conseil des droits de l’homme examine le parcours démocratique et électoral de l’Éthiopie
La déclaration conjointe a formellement pris acte des scrutins généraux récents. La coalition a salué le travail accompli par le Conseil électoral national d’Éthiopie (NEBE), les agents électoraux, ainsi que les organisations de la société civile et les formations politiques, tout en insistant pour que le vote puisse être facilité dans les zones où les scrutins avaient été reportés d’après le compte rendu de la session de Genève.
Le Forum de dialogue national a été reconnu comme une étape notable pour traiter les griefs historiques politiques, sociaux et administratifs par une délibération pacifique, bien que les délégations aient souligné que la stabilité à long terme exige une véritable inclusivité politique, la protection du journalisme indépendant et un environnement sans entrave pour les acteurs de la société civile.
De son côté, l’Éthiopie a défendu sa trajectoire de réformes menée au niveau national. Intervenant sous le point 2 de cette 63e session, l’ambassadeur Tsegab Kebebew, représentant permanent de l’Éthiopie auprès de l’Office des Nations Unies à Genève, a rappelé la tenue réussie du septième scrutin national en juin 2026. Le diplomate éthiopien a qualifié ces étapes de jalons majeurs pour consolider la gouvernance démocratique et faire avancer la justice transitionnelle à travers un processus souverain.
Sécurité des civils et protection des équipes humanitaires sur le terrain
Au-delà du processus électoral, le groupe des 41 pays a exigé une protection inconditionnelle pour les populations civiles, le personnel de première ligne et les acteurs humanitaires. Les signataires ont fait part de leur vive inquiétude face aux violences ciblées, aux entraves sécuritaires et aux pertes en vies humaines subies par les travailleurs humanitaires qui s’efforcent d’apporter des secours d’urgence dans un contexte marqué par de graves sécheresses et des pressions climatiques.
Les diplomates ont également pointé les foyers de tension dans les régions Amhara et Oromia, réclamant l’arrêt immédiat des violations des droits de l’homme et des abus systémiques. Ils ont insisté sur la nécessité absolue d’obtenir des enquêtes transparentes et des mécanismes de justice axés sur les victimes afin de lutter contre l’impunité des auteurs de ces actes, tout en encourageant le gouvernement éthiopien à exploiter pleinement l’assistance technique disponible par le biais du bureau pays du Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH) et à mettre en œuvre des recommandations ciblées issues de rapports antérieurs du HCDH et de la Commission éthiopienne des droits de l’homme (CEDH).
L’application de l’accord de Pretoria et les perspectives de paix selon l’Éthiopie
Concernant la situation dans la région du Tigré, les 41 pays ont mis en garde contre une reprise des hostilités militaires susceptible de fragiliser des populations déjà éprouvées par les pénuries humanitaires. La coalition a exhorté l’ensemble des parties à respecter l’Accord de cessation des hostilités de Pretoria, tout en réitérant son appui aux efforts de médiation conduits par Olusegun Obasanjo, envoyé spécial de l’Union africaine et ancien président du Nigéria.
Pour Addis-Abeba, la préservation de l’intégrité de l’Accord de cessation permanente des hostilités conclu en novembre 2022 demeure primordiale selon la position exprimée par la mission éthiopienne à Genève. L’Éthiopie a appelé la communauté internationale à rejeter toute initiative de nature à compromettre les avancées vers une paix durable, privilégiant la coopération technique et le renforcement des capacités avec le Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH) et d’autres partenaires internationaux sur une base d’objectivité, d’impartialité, de non-sélection, d’appropriation nationale et d’égalité souveraine.