Publié le 30 septembre 2024 16:56:00. Un ouvrage explore les trajectoires de militants trotskistes de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) qui, dans les années 1980, ont choisi de s’immerger dans le monde ouvrier, une expérience marquante qui a confirmé leur engagement auprès des salariés.
- En 1980, la LCR, composée majoritairement d’enseignants et d’employés du secteur public, a décidé de s’implanter au cœur des usines.
- Seulement une centaine de militants non ouvriers ont accepté cette réorientation, souvent au détriment de perspectives de carrière plus confortables.
- L’expérience, bien que finalement abandonnée après cinq ans, a laissé une empreinte durable sur ceux qui y ont participé, renforçant leur loyauté envers la classe ouvrière.
Dix ans après le mouvement des « établis » maoïstes en juin 1980, la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) a pris une décision stratégique lors de son quatrième congrès. Consciente de la nécessité de se rapprocher des travailleurs, l’organisation, alors principalement constituée d’enseignants et de salariés des entreprises publiques, a choisi de s’implanter « là où ça se passe », c’est-à-dire dans les secteurs industriels les plus concentrés de la classe ouvrière.
Cette initiative audacieuse a conduit une centaine de militants non issus du milieu ouvrier à bifurquer radicalement, acceptant souvent de renoncer à des parcours professionnels plus prometteurs. Cependant, cette orientation n’a pas été pérennisée : cinq ans plus tard, la LCR a abandonné cette stratégie. Malgré cet échec collectif, l’expérience a profondément marqué ceux qui s’y sont engagés, comme le révèle l’ouvrage d’Hugo Melchior, financé par une campagne de financement participatif.
Le livre présente les témoignages de plusieurs de ces « embauchés », offrant un aperçu poignant des conditions de travail difficiles rencontrées par ces militants trotskistes. Au-delà des difficultés, ces expériences ont confirmé à leurs yeux la pertinence de leur engagement au service des salariés. Certains ont même choisi de rester intégrés aux collectifs ouvriers dans lesquels ils avaient réussi à s’insérer, la loyauté et la solidarité étant devenues, selon eux, le ciment de la classe ouvrière.
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