Publié le 25 novembre 2025 18h13. Une nouvelle étude américaine révèle un lien significatif entre les troubles du sommeil, en particulier l’apnée du sommeil non traitée, et un risque accru de développer la maladie de Parkinson. L’utilisation d’un appareil respiratoire, comme le CPAP, pourrait considérablement réduire ce risque.
- Les personnes souffrant d’apnée du sommeil non traitée présentent un risque presque deux fois plus élevé de développer la maladie de Parkinson.
- Le traitement de l’apnée du sommeil avec un appareil CPAP permet de réduire significativement ce risque.
- Les troubles du sommeil devraient être davantage pris en compte dans la pratique clinique pour protéger le cerveau à long terme.
Des pauses respiratoires nocturnes répétées pourraient avoir des conséquences bien plus graves qu’une simple fatigue diurne. Selon une recherche récente menée par l’Oregon Health & Science University et publiée dans la revue JAMA Neurology, l’apnée obstructive du sommeil (AOS) – caractérisée par des interruptions répétées de la respiration pendant le sommeil – est associée à une augmentation substantielle du risque de maladie de Parkinson.
L’apnée obstructive du sommeil se produit lorsque les muscles de la gorge se détendent excessivement pendant le sommeil, provoquant l’effondrement des voies respiratoires. Les personnes atteintes peuvent ainsi arrêter de respirer plusieurs centaines de fois par nuit. Ce manque d’oxygène perturbe le sommeil, fragmente le repos et soumet le corps à un stress constant. « Lorsque l’oxygène diminue, les cellules nerveuses ne fonctionnent plus normalement », explique Lee Neilson, responsable de l’étude.
Pour évaluer l’impact de l’apnée du sommeil sur le développement de la maladie de Parkinson, les chercheurs ont analysé les données de santé de plus de 11 millions d’anciens combattants ayant bénéficié de soins médicaux entre 1999 et 2022. Ils ont comparé l’incidence de la maladie de Parkinson, cinq ans après le diagnostic d’AOS, entre deux groupes : ceux qui n’avaient pas reçu de traitement et ceux qui utilisaient régulièrement un appareil CPAP (Continuous Positive Airway Pressure) – un masque respiratoire qui maintient les voies respiratoires ouvertes grâce à une légère surpression d’air.
Un traitement inconfortable, mais efficace
Les résultats de l’étude sont sans appel : les patients souffrant d’apnée du sommeil et ne bénéficiant d’aucun traitement présentaient un risque presque deux fois plus élevé de développer la maladie de Parkinson au fil des ans, même en tenant compte de facteurs de risque connus tels que l’âge, l’obésité ou l’hypertension artérielle. « Bien sûr, l’apnée du sommeil ne conduit pas automatiquement à la maladie de Parkinson », nuance Gregory Scott, co-auteur de l’étude,
« Mais cela augmente considérablement la probabilité. »
Gregory Scott, co-auteur de l’étude
Si le port du masque respiratoire peut être perçu comme contraignant au début, les bénéfices sont rapidement ressentis : moins de fatigue, une meilleure concentration et un sommeil plus réparateur. « Les vétérans qui utilisent régulièrement le CPAP ne veulent plus s’en passer », témoigne Scott. La perspective d’une réduction du risque de maladie de Parkinson pourrait ainsi encourager davantage de personnes concernées à suivre scrupuleusement leur traitement.
Pour le neurologue Neilson, cette étude souligne l’importance d’une meilleure prise en compte des troubles du sommeil dans la pratique médicale. Elle suggère qu’un sommeil de qualité n’est pas seulement essentiel au bien-être général, mais pourrait également jouer un rôle protecteur pour le cerveau à long terme.
