Home SantéÉtude visant à déterminer si l’IA peut prendre de meilleures décisions en matière de traitement du cancer de la prostate

Étude visant à déterminer si l’IA peut prendre de meilleures décisions en matière de traitement du cancer de la prostate

by Sophie Martin

Publié le 3 mai 2024. Une nouvelle étude britannique, financée par l’association Prostate Cancer UK, va tester l’efficacité d’une intelligence artificielle pour affiner le diagnostic du cancer de la prostate et éviter des traitements inutiles.

  • L’étude Vanguard Path utilisera l’outil ArteraAI Prostate Biopsy Assay pour prédire l’agressivité de la maladie.
  • Les tests se dérouleront dans trois hôpitaux du NHS en Angleterre : North Bristol, Oxford University Hospitals et NHS Greater Glasgow and Clyde.
  • L’objectif est de permettre aux patients de prendre des décisions plus éclairées concernant leur traitement, en évitant la chirurgie ou la radiothérapie lorsque la surveillance est suffisante.

Le diagnostic du cancer de la prostate est de plus en plus précis, mais il reste difficile pour les médecins d’évaluer avec certitude le degré d’agressivité de la maladie chez chaque patient. Cette incertitude peut conduire à des interventions médicales superflues, alors qu’une simple surveillance aurait pu suffire. C’est dans ce contexte qu’intervient l’étude Vanguard Path, menée par des chercheurs de l’Université d’Oxford et soutenue par une enveloppe de 1,9 million de livres sterling (environ 2,2 millions d’euros) de la part de Prostate Cancer UK.

La technologie testée, appelée ArteraAI Prostate Biopsy Assay, est un outil d’intelligence artificielle conçu pour analyser les échantillons de biopsies de la prostate. Dans un premier temps, l’IA sera entraînée sur des données existantes : des biopsies de patients déjà diagnostiqués et traités, pour lesquels les médecins disposent d’un suivi d’au moins cinq ans. L’étude comparera les prédictions de l’outil avec le déroulement réel de la maladie chez ces patients.

Une fois cette phase préliminaire terminée, l’IA sera déployée en conditions réelles, dans les hôpitaux participants. Elle analysera les biopsies au fur et à mesure des diagnostics, en se concentrant sur les cas où les médecins hésitent quant à la meilleure approche thérapeutique. L’objectif est d’apporter un éclairage supplémentaire pour guider les décisions médicales.

« Cet essai ouvrira la voie au déploiement de technologies avancées d’IA au sein du NHS. Cela permettra de fournir des informations plus détaillées et plus précises aux hommes, qui pourront ainsi prendre des décisions plus éclairées avec leur équipe médicale concernant la nécessité ou non d’un traitement – et, le cas échéant, orienter ces décisions. »

Professeur Clare Verrill, chercheuse principale du projet

Selon le Dr Matthew Hobbs, directeur de la recherche chez Prostate Cancer UK, l’IA a le potentiel d’améliorer considérablement la prise en charge du cancer de la prostate. Prostate Cancer UK estime qu’un homme sur huit sera touché par cette maladie au cours de sa vie. En 2024, 58 218 hommes ont reçu un diagnostic de cancer de la prostate en Angleterre, contre 53 462 l’année précédente, selon le National Prostate Cancer Audit (NPCA).

« L’IA a le potentiel d’améliorer considérablement les soins du cancer de la prostate et de garantir que chaque homme dispose du plan de traitement le plus précis et le meilleur pour son cancer spécifique. Nous travaillons avec Artera depuis plusieurs années et je pense que leur outil d’IA est l’un des plus passionnants jamais développés. Mais les outils d’IA passionnants ne peuvent faire la différence que s’ils peuvent être correctement évalués. »

Dr Matthew Hobbs, directeur de recherche à Prostate Cancer UK

Andre Esteva, directeur général et cofondateur d’Artera, se réjouit de cette collaboration avec l’équipe du professeur Verrill. Artera espère que son test de biopsie de la prostate, développé pour améliorer la vie des patients, pourra bientôt être utilisé pour personnaliser les soins du cancer de la prostate au Royaume-Uni.

Cette annonce intervient quelques jours après le lancement d’un autre essai du NHS, qui utilise l’IA pour interpréter les IRM des hommes suspectés d’avoir un cancer de la prostate. Si le logiciel détecte une anomalie à haut risque, l’IRM est examinée en priorité par un radiologue et le patient est inscrit pour une biopsie le jour même, accélérant ainsi le processus de diagnostic.

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