La paire euro/dollar continue de perdre du terrain, plombée par un dollar américain en hausse et des perspectives de maintien des taux d’intérêt aux États-Unis. Les incertitudes politiques à Washington, avec la paralysie du gouvernement, ajoutent à la pression sur la devise européenne.
Depuis la mi-septembre, l’euro s’affaiblit progressivement face au dollar, s’inscrivant dans une tendance générale de fluctuation. Le renforcement du dollar est notamment soutenu par un apaisement des tensions commerciales entre Pékin et Washington, ainsi que par un recul des anticipations d’une baisse des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) en décembre. Il y a encore quelques semaines, les marchés misaient sur une réduction d’au moins 50 points de base avant la fin de l’année, mais cette probabilité a considérablement diminué.
Les chances d’une baisse et d’une pause sont désormais presque équilibrées, avec une légère préférence pour le statu quo. Les récentes déclarations prudentes des responsables de la Fed, conjuguées à l’absence de nouvelles données économiques, suggèrent qu’ils pourraient attendre la fin de l’année avant de prendre une décision.
La paralysie politique aux États-Unis, qui bloque l’activité économique, pourrait retarder la publication de données cruciales sur le marché du travail cette semaine. L’impasse semble difficile à surmonter à court terme, les deux partis se rejetant mutuellement la responsabilité de la situation. Un déblocage pourrait intervenir après les élections locales, notamment à la mairie de New York, où le candidat démocrate est actuellement favori dans les sondages.
En Europe, la Banque centrale européenne (BCE) a maintenu ses taux d’intérêt inchangés la semaine dernière, conformément aux attentes du marché. Christine Lagarde et son équipe estiment que les taux actuels sont adaptés à la conjoncture économique de la zone euro et qu’ils reflètent les perspectives macroéconomiques régionales. La BCE continuera de surveiller les données économiques, mais évitera de réagir à des fluctuations ponctuelles de l’inflation, sauf si elles signalent une tendance haussière durable.
Les marchés surveillent également de près la mise en œuvre du plan de relance allemand, dont l’ampleur et la conception pourraient avoir un impact significatif sur l’économie européenne.
Sur le marché des changes, l’EUR/USD peine à franchir le seuil de 1,15. Si la paire de devises descend en dessous de ce niveau, les vendeurs pourraient viser un prochain support clé autour de 1,1440. Une cassure de cette zone pourrait signaler une domination des vendeurs à court terme. Si la Fed maintient ses taux en décembre, une baisse jusqu’à 1,12 pourrait être envisagée.