Mis à jour le vendredi 19 décembre à 07h21. Le Parlement sami envisage de se doter d’une source de financement indépendante, face aux incertitudes liées à une éventuelle arrivée au pouvoir du Parti du progrès (Frp) en Norvège. Une proposition d’impôt spécifique, prélevé sur les impôts déjà versés par les électeurs samis, est à l’étude.
- Le Parlement sami, actuellement financé par des transferts de l’État norvégien (788 millions de couronnes norvégiennes en 2024), cherche à sécuriser ses ressources.
- Un groupe d’experts a proposé de prélever 1 % de l’impôt sur le revenu de chaque électeur sami pour alimenter le budget du Parlement, ce qui générerait environ 80 millions de couronnes norvégiennes par an.
- Cette initiative suscite des réactions divergentes au sein du Parlement sami, entre partisans et détracteurs.
L’idée d’une autonomie financière pour le Parlement sami prend corps alors que les prochaines élections en Norvège pourraient voir le Parti du progrès (Frp) accéder au pouvoir. Ce parti est connu pour sa position critique envers les dépenses publiques et les transferts financiers aux minorités nationales.
Selon le journal La lutte des classes, le Parlement sami est actuellement entièrement dépendant des fonds publics. Cette année, le transfert de l’État s’est élevé à 788 millions de couronnes norvégiennes.
Håkon Mudenia, conseiller politique de la Fédération nationale des Samis norvégiens, se montre favorable à cette nouvelle approche :
« Le Parlement sami est une institution importante, et un financement séparé assurera sa continuité. Nous voulons des cadres financiers clairs et prévisibles. »
Håkon Mudenia, conseiller politique de la Fédération nationale des Samis norvégiens
Cependant, cette proposition ne fait pas l’unanimité. John Arne Markussen, représentant du parti Nordkalottfolket, principal parti d’opposition au Parlement sami, critique vivement cette idée :
« La proposition selon laquelle les impôts des Samis devraient être versés au Parlement sami est difficile à prendre au sérieux. Le Parlement sami n’est pas une autorité comme l’État, la municipalité et le comté. C’est un parlement indigène qui n’a pas le droit de taxer. »
John Arne Markussen, représentant du parti Nordkalottfolket
Une majorité au Parlement sami, composée de la Fédération nationale des Samis norvégiens, de Flyttsamelista et du parti du peuple sami, soutient actuellement cette proposition d’impôt spécifique. Le journal iFinnmark a révélé cette initiative en premier lieu. Il est important de noter qu’il ne s’agit pas d’un nouvel impôt, mais d’une redistribution d’une partie des impôts déjà payés par les électeurs samis.