Publié le 10 novembre 2025 à 12h54. La Syrie a déjoué deux tentatives d’assassinat ciblant le président Ahmed al-Sharaa, révélant une menace directe alors qu’il s’apprête à rejoindre une coalition internationale contre l’État islamique et à renforcer les liens avec l’Occident.
- Deux complots distincts de l’État islamique visant à assassiner le président syrien Ahmed al-Sharaa ont été déjoués ces derniers mois.
- La Syrie s’apprête à rejoindre une coalition internationale dirigée par les États-Unis pour lutter contre l’EI, et le président al-Sharaa doit rencontrer Donald Trump à la Maison Blanche lundi.
- Ces événements interviennent dans un contexte de transformation de la Syrie, qui cherche à se distancer de ses anciens alliés russe et iranien et à se rapprocher des pays occidentaux.
Damas a déjoué deux complots distincts de l’État islamique (EI) visant à assassiner le président Ahmed al-Sharaa, ont révélé deux hauts responsables. Ces révélations interviennent alors que le chef de l’État syrien s’apprête à consolider son autorité dans un pays ravagé par quatorze ans de guerre civile et à renforcer ses liens avec les États-Unis.
Selon un responsable de la sécurité syrienne et un responsable du Moyen-Orient, les deux complots ont été déjoués au cours des derniers mois. Ils confirment la menace directe qui pèse sur le président al-Sharaa, notamment en raison de l’annonce de sa participation officielle à une coalition internationale contre l’EI. Les détails précis de ces complots n’ont pas été divulgués, compte tenu de leur sensibilité.
Cette annonce intervient à la veille d’une rencontre cruciale entre le président syrien et le président américain Donald Trump, prévue lundi à la Maison Blanche. Al-Sharaa, arrivé au pouvoir en décembre dernier après le renversement de l’ancien président Bachar al-Assad par des forces d’opposition islamiques, souhaite se positionner comme un leader modéré et obtenir un soutien international pour la réhabilitation et la reconstruction à long terme de la Syrie.
La décision de rejoindre la coalition internationale contre l’EI marque un tournant majeur pour la Syrie, qui s’éloigne de ses anciens alliés, la Russie et l’Iran, et se rapproche des pays occidentaux et du monde arabe. Cette transformation est perçue comme une étape essentielle pour stabiliser le pays et attirer les investissements nécessaires à sa reconstruction.
Cependant, le chemin vers l’unification de la Syrie est semé d’embûches. Les forces d’al-Sharaa sont confrontées à une vague de violence sectaire et à des attaques contre les civils et les forces de sécurité, que Damas impute à l’État islamique.
Le ministère syrien de l’Intérieur a lancé cette semaine une vaste opération à travers le pays ciblant les cellules de l’EI, aboutissant à l’arrestation de plus de 70 suspects. Selon les services de renseignement, cette campagne vise à démanteler les réseaux de l’organisation et à prévenir de nouvelles attaques contre le gouvernement et les minorités syriennes.
Un haut responsable de la sécurité syrienne a souligné que cette opération vise également à démontrer la capacité des services de renseignement syriens à infiltrer l’EI et à perturber ses activités. L’adhésion à la coalition anti-EI devrait donner un nouvel élan aux opérations mondiales contre les extrémistes.
Avant de prendre le pouvoir, al-Sharaa dirigeait Hay’at Tahrir al-Sham, un groupe islamiste autrefois affilié à Al-Qaïda en Syrie. Il a rompu les liens avec Al-Qaïda en 2016 et a mené une lutte acharnée contre l’EI pendant plus de dix ans, en lançant des campagnes d’arrestations et des opérations militaires contre les cellules de l’organisation dans son bastion d’Idlib.
L’EI tente de regagner du terrain en Syrie depuis la chute d’Assad et cherche à discréditer le rapprochement d’al-Sharaa avec l’Occident, en affirmant que sa promesse de gouverner toutes les sectes religieuses en Syrie est incompatible avec l’Islam.
En juin dernier, un attentat suicide visant une église à Damas a fait 25 morts. Le gouvernement syrien a accusé l’EI d’être responsable de cet attentat, mais l’organisation n’a pas revendiqué la responsabilité.
Selon plusieurs responsables syriens, le gouvernement d’al-Sharaa coopère déjà depuis des mois avec l’armée américaine dans la lutte contre l’EI. L’adhésion officielle à la coalition devrait renforcer considérablement cette coopération et pourrait conduire à la levée des sanctions restantes contre la Syrie d’ici la fin de l’année.
La semaine dernière, Reuters a rapporté que l’armée américaine se préparait à établir une présence sur une base aérienne à Damas pour la première fois. Un responsable américain a demandé à ne pas divulguer le nom et l’emplacement de la base pour des raisons de sécurité opérationnelle.
Les médias officiels syriens ont démenti les informations contenues dans le rapport de Reuters, sans préciser quels éléments étaient inexacts.
(Préparé par Hatem Ali et Muhammad Ali Faraj pour le Bulletin arabe – Edité par Marwa Gharib et Amira Zahran)
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