Une vague d’attaques de phishing sophistiquées cible les utilisateurs allemands, en utilisant des imitations parfaites de communications de banques, d’Amazon et de Spotify pour dérober des informations personnelles et financières. Les experts mettent en garde contre une nouvelle génération de fraudes rendue possible par l’intelligence artificielle, qui rend ces tentatives de plus en plus difficiles à détecter.
Ces dernières semaines, plusieurs grandes banques allemandes ont été au cœur de ces attaques, notamment Targobank, Deutsche Bank, Volksbanken Raiffeisenbanken et Consorsbank. Les cybercriminels envoient des courriels simulant des alertes de sécurité urgentes, exigeant des clients qu’ils mettent à jour leurs informations ou confirment leur identité sous peine de voir leurs services interrompus. Le 26 septembre, par exemple, des clients de Targobank ont reçu un message concernant une mise à jour nécessaire de la procédure « EasyTan ». Un jour plus tôt, d’autres banques avertissaient leurs clients d’une possible désactivation de leur application Phototan.
La pression temporelle et la menace de perte d’accès sont des tactiques clés utilisées par les fraudeurs. Les clients de Volksbanken Raiffeisenbanken ont été incités à « confirmer leur identité immédiatement » le 24 septembre, tandis que des utilisateurs de Consorsbank ont reçu des messages faisant référence à une fausse « loi européenne ». En cliquant sur les liens fournis, les victimes sont redirigées vers des copies quasi-parfaites des sites web bancaires, où leurs identifiants et autres données sensibles sont interceptés.
Au-delà du secteur bancaire, Amazon et Spotify sont également utilisés comme appâts. Des clients d’Amazon ont reçu des courriels signalant des problèmes avec leurs données de paiement, les menaçant de ne plus pouvoir effectuer de commandes sans mise à jour immédiate. De même, des abonnés de Spotify ont été ciblés avec des alertes concernant des problèmes de paiement. La qualité de ces faux sites est telle qu’ils peuvent facilement tromper même les utilisateurs prudents.
Les experts du centre de conseil des consommateurs insistent sur le fait que ces attaques sont de plus en plus difficiles à distinguer des communications légitimes. L’intelligence artificielle joue un rôle crucial dans cette évolution, permettant aux fraudeurs de générer des courriels parfaitement rédigés, exempts des erreurs d’orthographe et de grammaire qui étaient autrefois des indicateurs révélateurs de phishing.
Par ailleurs, des plateformes de « phishing-as-a-service » rendent ces attaques accessibles à un public plus large, même à ceux qui n’ont pas de compétences techniques avancées. De nouvelles techniques émergent également, comme le « smishing » (phishing par SMS) et le « quishing » (phishing par codes QR), élargissant ainsi le spectre des menaces.
En 2024, la cybercriminalité a causé environ 267 milliards d’euros de dommages (chiffre global), dont une part importante est attribuable au phishing. Les victimes allemandes de phishing sont souvent confrontées à des difficultés pour prouver qu’elles n’ont pas été négligentes dans la protection de leurs informations.
L’Office fédéral de la sécurité des technologies de l’information (BSI) met en garde contre la professionnalisation croissante des attaquants et souligne que les filtres anti-spam traditionnels sont de moins en moins efficaces. Les experts recommandent l’utilisation de l’authentification à deux facteurs et des campagnes d’information continues pour sensibiliser le public.
Les prochaines attaques pourraient être encore plus personnalisées, grâce à l’utilisation de l’IA pour adapter les messages à chaque victime. Il est donc essentiel de rester vigilant et de ne jamais cliquer sur des liens suspects reçus par courriel ou par SMS. Il est préférable de se connecter directement au site web ou à l’application officielle de l’entreprise concernée. Les courriels suspects peuvent être signalés au centre de conseil des consommateurs via son outil de signalement de phishing.
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