Home MondeFaire pression sur Poutine sur le plan économique

Faire pression sur Poutine sur le plan économique

by Clara Dubois

Publié le 1er novembre 2025 à 22h03. La guerre en Ukraine pèse lourdement sur l’économie russe, déjà fragilisée par les sanctions internationales, et pourrait connaître une accélération avec de nouvelles mesures envisagées par Donald Trump. L’étau se resserre sur les revenus pétroliers de Moscou, source vitale de financement du conflit.

  • Les forces russes subissent de lourdes pertes quotidiennes en Ukraine, avec plus de 1 000 soldats tués ou blessés chaque jour depuis 2022, selon les renseignements britanniques et américains.
  • Les sanctions occidentales, combinées aux frappes ukrainiennes sur les infrastructures énergétiques russes, mettent à mal les revenus pétroliers de Moscou.
  • Donald Trump envisage de nouvelles sanctions douanières sur les pays acheteurs de pétrole russe, ce qui pourrait exercer une pression économique considérable sur la Russie.

La guerre en Ukraine continue de coûter cher à toutes les parties, mais la Russie semble particulièrement vulnérable sur le plan économique. Si les États-Unis et l’Europe ont massivement financé l’effort de guerre ukrainien, Moscou s’est appuyée sur les revenus générés par la vente de pétrole et de gaz, notamment à la Chine et à l’Inde. Cette dépendance énergétique est désormais menacée par une série de facteurs.

Selon des experts, l’un des moyens les plus efficaces de mettre fin à l’agression russe est de couper ses sources de revenus. Les revenus pétroliers et gaziers représentent une part prépondérante du budget russe. L’annonce de Donald Trump d’introduire des droits de douane punitifs sur les pays qui achètent du pétrole russe pourrait changer la donne. Parallèlement, l’Ukraine parvient de plus en plus à frapper des dépôts pétroliers en territoire russe.

Le lieutenant-général à la retraite Arne Bård Dalhaug estime que de nouvelles sanctions américaines pourraient avoir un impact significatif sur l’économie russe.

« Si Donald Trump et les États-Unis introduisent les sanctions qu’ils prétendent devoir appliquer, cela pourrait exercer une pression importante sur l’économie russe. Cela pourrait par exemple amener la Russie à avoir de plus grandes difficultés à recruter de nouveaux soldats. »

Arne Bård Dalhaug, lieutenant-général à la retraite et ancien envoyé de l’OSCE en Ukraine

Récemment, Donald Trump a surpris en annonçant des sanctions contre les deux plus grandes compagnies pétrolières russes, Rosneft et Loukoïl, qui représentent à elles seules la moitié des exportations totales de pétrole de la Russie. Mercredi, Loukoïl a annoncé la vente de ses actifs internationaux suite à ces nouvelles sanctions.

L’entreprise a investi dans des projets pétroliers et gaziers dans onze pays, notamment des raffineries en Bulgarie et en Roumanie, ainsi qu’une participation de 45 % dans une raffinerie de pétrole aux Pays-Bas. Ces cessions témoignent de la pression croissante exercée sur les entreprises russes.

L’Union européenne a également adopté son 19e paquet de sanctions contre Moscou, comprenant notamment une interdiction d’importer du gaz naturel liquéfié (GNL) russe. Par ailleurs, des informations suggèrent que quatre compagnies pétrolières publiques chinoises pourraient cesser d’importer du pétrole russe, et que les raffineurs indiens, principaux acheteurs de pétrole russe par voie maritime, pourraient réduire considérablement leurs importations pour se conformer aux sanctions américaines.

Le financier Bill Browder est formel : si tous les acheteurs de pétrole russe se retirent, la Russie pourrait être au bord de l’effondrement en six mois.

« Si tout le monde arrête d’acheter du pétrole russe, je pense que la Russie sera finie d’ici six mois. Alors le trésor de guerre de Vladimir Poutine est vide. »

Bill Browder, financier

Il a récemment déclaré lors d’une conférence au Bali.

La Chine, l’Inde et la Turquie sont les principaux acheteurs de pétrole russe. Huit raffineries dans ces pays permettent à Vladimir Poutine de poursuivre la guerre en Ukraine. Depuis le début du conflit, ces pays ont injecté environ 400 milliards de couronnes norvégiennes (environ 37 milliards d’euros) dans la machine de guerre russe.

Arne Bård Dalhaug reste toutefois prudent quant à l’impact réel de ces mesures.

« Plusieurs sont sceptiques quant à l’impact important de cette mesure, et rien de tout cela n’a encore été mis en œuvre. Et la Chine continuera d’acheter le pétrole qui passe par les pipelines. »

Arne Bård Dalhaug, lieutenant-général à la retraite et ancien envoyé de l’OSCE en Ukraine

Il souligne également que l’accord entre Donald Trump et le président chinois Xi Jinping, lors de leur récente rencontre, pourrait atténuer l’effet des sanctions. Les deux dirigeants se sont mis d’accord sur des tarifs douaniers, les terres rares et les achats d’énergie, mais les détails de leur discussion sur la guerre en Ukraine restent flous.

Selon Dalhaug, la Russie pourrait être contrainte de recourir à la mobilisation pour compenser les pertes humaines et financières. Le pays a déjà du mal à recruter suffisamment de soldats, malgré des primes financières élevées. Le Kremlin pourrait envisager de mobiliser des conscrits, y compris des jeunes hommes des grandes villes comme Saint-Pétersbourg et Moscou, ce qui pourrait provoquer des troubles sociaux.

Environ 40 % du budget de l’État russe est désormais consacré à la guerre en Ukraine, et aucun budget supplémentaire n’a été alloué pour 2026. L’économie russe est soumise à une pression croissante, et l’histoire montre que de telles situations peuvent conduire à des changements rapides et imprévisibles.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.