Publié le 24 décembre 2025 13:59:00. Les grands magasins, autrefois symboles de la consommation de masse, connaissent une vague de fermetures aux États-Unis et au Canada, conséquence d’une évolution des habitudes d’achat et d’une concurrence accrue du commerce en ligne.
- Plusieurs chaînes majeures, dont Macy’s et JCPenney, réduisent activement leur nombre de magasins.
- Les fermetures ne sont pas uniformes, touchant principalement les petites villes et les centres commerciaux en difficulté.
- Cette restructuration du paysage commercial impacte les propriétaires immobiliers, les consommateurs et l’avenir des centres commerciaux.
Le secteur de la vente au détail connaît une transformation profonde. Les grands magasins, qui offraient autrefois un large éventail de produits sous un même toit, peinent à s’adapter à l’essor du commerce électronique et aux nouvelles attentes des consommateurs. Cette tendance se traduit par une réduction significative de l’empreinte physique de nombreuses enseignes, tant aux États-Unis qu’au Canada.
Macy’s est en première ligne de cette vague de fermetures, avec un plan visant à réduire d’environ 150 magasins sous-performants d’ici 2026, dont des dizaines ont déjà été confirmées. L’entreprise mise désormais sur un réseau plus restreint de magasins phares et sur le développement de ses ventes en ligne, comme le rapporte Modern Teen.
JCPenney poursuit également une stratégie de réduction de ses effectifs, fermant des magasins dont les baux expirent, en particulier dans les zones géographiques moins dynamiques. Ces fermetures sont généralement le résultat d’une baisse prolongée des ventes plutôt que de décisions abruptes.
Sears, autrefois un géant de la distribution, est presque devenu une curiosité. Il ne subsiste qu’un nombre très limité de magasins, souvent avec des surfaces réduites et des stocks limités, avant une éventuelle disparition complète.
Kohl’s, quant à lui, adopte une approche plus nuancée, fermant certains magasins tout en testant de nouveaux partenariats, des agencements innovants et des formats plus compacts. L’entreprise se positionne comme étant en phase d’optimisation plutôt que de retrait.
Belk combine également des fermetures ciblées avec le développement de concepts plus petits, notamment dans le sud-est des États-Unis, s’éloignant ainsi des vastes surfaces commerciales traditionnelles.
La contraction touche également le secteur du luxe. Nordstrom a réduit la taille de certains de ses magasins, se concentrant sur ses points de vente les plus performants et sur ses ventes en ligne. Neiman Marcus a, de son côté, mis l’accent sur le commerce en ligne et les relations directes avec sa clientèle, considérant qu’il n’est plus nécessaire d’avoir un magasin physique de grande envergure sur chaque marché, comme le souligne ce rapport.
Saks Fifth Avenue semble également privilégier une approche plus sélective, réduisant sa présence globale tout en conservant ses magasins dans les emplacements les plus stratégiques. Saks Off Fifth restreint quant à lui sa présence aux régions les plus rentables, face à une concurrence accrue dans le secteur du luxe à prix réduit.
Bloomingdale’s réoriente sa croissance vers des formats plus petits et le commerce électronique, tout en consolidant ses magasins existants.
Dillard’s, bien que toujours rentable, est également affecté par les mutations du paysage commercial et par la remise en question de certains espaces d’ancrage dans les centres commerciaux.
La Baie d’Hudson représente le cas le plus radical. L’entreprise a complètement abandonné ses activités de grands magasins au Canada au milieu de 2025, suite à une restructuration et à une liquidation, mettant ainsi fin à ce format de vente plutôt que de simplement le réduire.
Les fermetures de magasins ne sont pas réparties de manière uniforme. Les grandes villes conservent généralement leurs magasins phares, tandis que les petites villes sont les plus touchées. Pour les propriétaires immobiliers, ces fermetures signifient souvent la nécessité de repenser l’aménagement de leurs centres commerciaux, voire de les démolir. Pour les consommateurs, cela se traduit par des trajets plus longs, moins de cabines d’essayage et un recours accru aux achats en ligne.