La campagne électorale québécoise met l’accent sur les conditions de vie des personnes âgées, alors que les coûts du logement continuent d’exercer une forte pression sur les budgets fixes des retraités. En ce quatrième jour de campagne, le chef de l’opposition officielle a ciblé directement la flambée des coûts dans les résidences privées pour aînés, un secteur où les augmentations tarifaires pèsent lourdement sur les ménages.
Plafonner les loyers et inverser le fardeau de la preuve au Tribunal administratif du logement
Le loyer mensuel moyen dans une résidence privée pour aînés s’établit à 2 655 dollars cette année, comparativement à 2 253 dollars en 2022, ce qui représente une hausse de 18 % en quatre ans selon les données soulignées par le Parti libéral du Québec. Pour freiner cette tendance, la formation politique s’engage à encadrer les augmentations annuelles et à exiger des gestionnaires qu’ils obtiennent l’aval du Tribunal administratif du logement avant de dépasser le seuil établi.
Cette proposition s’accompagne d’un changement procédural majeur pour les résidents. Actuellement, la contestation d’une hausse jugée abusive incombe à l’aîné, une démarche complexe et éprouvante pour des personnes octogénaires ou nonagénaires. Le plan libéral prévoit que la charge de justifier l’augmentation reviendra entièrement à la résidence.
« Lorsqu’une augmentation devient trop importante, c’est à l’aîné de se défendre. C’est lui qui doit faire les démarches, c’est lui qui doit faire connaître ses droits. […] Je pense qu’à 80, 85 ans, […], on a autre chose à faire que de se battre contre une augmentation du loyer. »
Charles Milliard, chef du Parti libéral du Québec
Protéger l’accès aux soins essentiels et alléger la bureaucratie régionale
Face aux inquiétudes concernant l’impact financier de cette mesure sur la qualité des prestations, le chef libéral soutient que la limitation des loyers ne pourra en aucun cas servir de prétexte pour réduire les services de santé. Le parti a assuré par voie de communiqué qu’une résidence ne sera pas autorisée à diminuer la fréquence ou l’intensité des soins essentiels prodigués aux résidents pour compenser un plafonnement des revenus locatifs.
Parallèlement, les petites structures implantées en région feront l’objet d’un allègement administratif. L’objectif consiste à éliminer les exigences réglementaires superflues qui n’améliorent ni la sécurité ni la santé des résidents, tout en maintenant un accompagnement financier dont les détails chiffrés doivent être intégrés au cadre financier du parti.
Des visions divergentes sur le logement et le soutien à la vieillesse
L’enjeu des aînés mobilise l’ensemble des formations politiques engagées dans la course électorale, chacune misant sur des approches distinctes pour répondre aux besoins de la population vieillissante. La Coalition avenir Québec mise de son côté sur le maintien à domicile et sur la construction de logements abordables.

La cheffe de la Coalition avenir Québec, Christine Fréchette, a ainsi promis d’injecter un milliard de dollars supplémentaires sur quatre ans dans les services de soutien à domicile. Cet engagement s’ajoute à l’objectif de bâtir 2 000 nouveaux logements abordables destinés aux aînés, bien que la première ministre sortante ait admis que la construction des maisons des aînés au cours des dernières années avait exigé des investissements très élevés pour les finances publiques.
De son côté, Québec solidaire propose une approche globale en matière d’habitation. La co-porte-parole du parti, Ruba Ghazal, a annoncé son intention de plafonner les hausses de loyer pour l’ensemble des locataires à un niveau calqué sur l’inflation, avec un plafond maximal fixé à l’inflation dès les cent premiers jours d’un éventuel mandat.