Publié le 19 octobre 2025, 14h45. La jeune cinéaste jurassienne Pauline Jeanbourquin explore dans son documentaire « Tiktok et Tarot » le monde d’une apprentie guérisseuse moderne, tiraillée entre traditions ancestrales et réseaux sociaux, offrant un portrait fascinant d’une génération en quête de sens.
- Pauline Jeanbourquin, originaire de Delémont, a réalisé un documentaire mêlant fiction et réalité suivant Juliette, une jeune femme de 17 ans dotée du don de guérir les brûlures.
- Le film explore la transmission d’un savoir ancestral, appelé « le secret », profondément enraciné dans le Jura, et sa persistance dans l’ère numérique.
- « Tiktok et Tarot » sera diffusé sur SRF1 le 19 octobre 2025 à 11h00.
Le documentaire suit Juliette durant un été, entre ses préparatifs pour un camp scout et ses activités sur Tiktok et Instagram, où elle compte plus de 40 000 abonnés. La jeune fille soigne les coups de soleil de ses amies tout en aspirant à intégrer une école de sages-femmes, guidée par ses tirages de cartes.
Ce projet est né de la rencontre fortuite de Pauline Jeanbourquin avec Juliette sur la plateforme Tiktok. La cinéaste a été immédiatement captivée par son histoire et sa manière de parler ouvertement de ce don hérité de sa grand-mère. Dans un entretien à la RTS, Pauline Jeanbourquin explique :
« J’ai croisé Juliette tout à fait par hasard sur Tiktok. Sur son compte, elle disait qu’elle avait le don du ‘secret’, hérité de sa grand-mère. J’ai tout de suite été fascinée par elle, par son visage, par la façon dont elle parlait si ouvertement de ce ‘secret’. »
Pauline Jeanbourquin, diplômée de l’ECAL (École cantonale d’art de Lausanne) en 2016, s’est déjà fait remarquer par son court métrage « Crépuscule », qui a remporté le prix du meilleur court métrage suisse au Festival international du film fantastique de Neuchâtel (NIFFF) en 2018. Elle a ensuite confirmé son talent avec « Tiktok und Tarot », présenté au festival Visions du Réel à Nyon en 2023.
Le documentaire ne se contente pas de suivre Juliette dans son quotidien. Il explore également les motivations et les questionnements d’une génération confrontée à l’incertitude et en quête de spiritualité. Pauline Jeanbourquin a privilégié une approche immersive, laissant ses sujets s’exprimer librement et intervenant uniquement pour relancer la conversation si nécessaire. Elle souligne :
« Je propose toujours un point de départ et je les laisse ensuite en discuter naturellement. Si je constate que la conversation s’écarte d’un sujet, je pose de temps en temps une petite question. Mais au final, le résultat est vraiment spontané et authentique. »
Pour ce premier long métrage, Pauline Jeanbourquin a collaboré avec d’anciens camarades de l’ECAL, Augustin Losserand et Yatoni Roy Cantu, qui ont signé respectivement les images et la musique, apportant ainsi une dimension visuelle et émotionnelle forte au film.
SRF1, grande heure de religion, 19 octobre 2025, 11h00